Architecture et habitat dans la Chine ancienne – Antoine Gournay

Maison chine

Extrait de l’introduction de La Maison chinoise d’Antoine Gournay, paru aux éditions Klincksieck en mars 2016 :

Architecture et habitat dans la Chine ancienne

Il paraît aujourd’hui aller de soi de discourir sur l’architecture chinoise. L’importance historique des réalisations architecturales dans la civilisation chinoise est indéniable : la Grande Muraille, la Cité interdite de Pékin, les tombeaux des Ming, le temple du Ciel, constituent à présent autant de monuments mondialement reconnus, admirés, visités, dont les Chinois d’aujourd’hui tirent, non sans raison, une indéniable fierté. Ces grandes œuvres architecturales figurent désormais parmi les éléments qui servent à caractériser la nation chinoise et à lui donner le sens de sa propre identité. Le développement tout récent, depuis à peine un siècle environ, de l’histoire de l’architecture chinoise est lié à l’apparition d’un souci d’ordre patrimonial face au double phénomène de la modernisation et de l’occidentalisation. La fierté de cet héritage est d’ailleurs savamment cultivée aujourd’hui des deux côtés du détroit de Taïwan et dans tous les discours nationalistes, que ceux-ci s’adressent aux Chinois eux-mêmes – de l’intérieur ou de la diaspora – ou qu’ils visent à présenter aux autres une image positive de la Chine. il n’est que de voir l’utilisation systématique qui en a été faite lors, par exemple, des Jeux olympiques de 2008 ou de l’Exposition universelle de Shanghai en 2010. En effet, plusieurs raisons justifient que ces œuvres paraissent remarquables et se trouvent valorisées : le prouesse technique, leur indéniable force esthétique – monumentalité ou finesse –, leur originalité et leur ancienneté, l’admiration voire l’ébahissement qu’elles suscitent de par le monde. Un nombre toujours croissant de ces réalisations sont aujourd’hui officiellement protégées par l’État et même répertoriées sur les listes du patrimoine mondial de l’Unesco, ce qui n’a d’ailleurs nullement empêché la destruction ces dernières années de quantité de sites et d’édifices.

Cependant, le mot même d’architecture est une invention occidentale. L’expression jianzhu qui sert à traduire en chinois le mot et l’idée d’architecture, importés d’Occident à la fin du XIXe siècle, est une création moderne. Les deux caractères d’écriture, associés pour créer ce mot nouveau, renvoient l’un à l’idée de fonder et d’établir un édifice, l’autre à celle de construire à l’aide de divers matériaux. Ce néologisme a d’ailleurs été emprunté au japonais (où il se prononce kenchiku), car c’est dans le Japon de l’ère Meiji (1868-1912) qu’on s’est d’abord préoccupé, en Extrême-Orient, de trouver et forger des mots pour désigner les connaissances et disciplines nouvelles introduites d’Occident.

 

Extrait des pages 15 à 17

 

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Antoine Gournay est professeur d’archéologie et histoire de l’art de l’Extrême-Orient à
l’université de Paris-Sorbonne. Il sera le 13 juin à La Maison de la Chine pour présenter son livre. Venez nombreux !

Il est encore possible de s’inscrire en ligne ICI.

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