La Guerre froide, de J.L. Gaddis | Comment en sommes-nous jamais sortis vivants ?

La synthèse attendue résumant avec une ampleur et une clarté remarquables plus de quarante ans d’affrontement, de 1947 à la chute du mur de Berlin en décembre 1989 enfin traduite en France.

John Lewis Gaddis

Professeur d’histoire militaire et navale à l’Université de Yale, J. L. Gaddis (né en 1941), est un des plus grands spécialistes de la guerre froide. Il signe ici un livre complet, brillant et accessible, destiné à une génération de lecteurs pour lesquels la guerre froide n’a plus rien d’une « actualité ». Il a publié Strategies of Containment (Stratégies de l’endiguement) en 1982, We Now Know (Nous savons désormais) en 1997, sur la crise des missiles de Cuba, ainsi qu’une biographie monumentale de George F. Kennan (dont il fut le disciple et l’ami) qui a remporté le Prix Pulitzer en 2012.

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La Guerre froide

(The Cold War, 2005, traduction de l’anglais par John E. Jackson, 2019)

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Exceptionnel… Le récapitulatif le plus accessible de ce conflit jamais écrit.
The Boston Globe

Écrit avec énergie et lucidité, ce livre représente une introduction idéale sur le sujet.
The New York Times

Une histoire renouvelée et admirablement concise… La maîtrise du contenu, le style fluide et l’acuité dans le récit anecdotique font de sa lecture un plaisir.
The Economist

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Comment en sommes-nous jamais sortis vivants ? – Ce qu’est ce livre, ce qu’il n’est pas.

Illustration incluse dans le cahier de photographies central du livre

Chaque semestre d’hiver, à Yale, le lundi et le mercredi après-midi, je fais cours devant des centaines d’étudiants de premier cycle sur l’histoire de la guerre froide. À cette occasion, il faut constamment que je me rappelle que la plupart d’entre eux n’ont aucun souvenir des événements que je décris. Devant parler de Staline et de Truman, et même de Reagan et de Gorbatchev, je pourrais tout aussi bien traiter de Napoléon, de César ou d’Alexandre le Grand. La plupart des étudiants de la volée de 2005, par exemple, n’étaient âgés que de cinq ans à la chute du mur de Berlin. Ils savent que la guerre froide a donné ses contours à leurs vies de diverses manières parce qu’on leur a raconté comment elle affecta leur famille. Certains d’entre eux – de loin pas tous – comprennent que si certaines décisions avaient été différentes à certains moments critiques de ce conflit, ils ne seraient peut-être même pas en vie. Mais mes étudiants s’inscrivent à ce cours avec très peu d’idées sur la manière dont la guerre froide commença, sur ce qui la causa ou sur les raisons qui la firent s’achever comme elle s’acheva. Pour eux, il s’agit d’histoire, d’une histoire somme toute peu différente de celle de la guerre du Péloponnèse.

Et pourtant, à mesure qu’ils en apprennent plus au sujet de la grande rivalité qui a dominé le dernier demi-siècle, la plupart de mes étudiants sont fascinés, beaucoup sont atterrés et quelques-uns – d’habitude après le cours sur la crise des missiles de Cuba – sortent tout tremblants. « Mince ! » s’exclament-ils (je lénifie un peu l’expression) « nous n’avions aucune idée d’être passés aussi près ! » Puis, invariablement, ils ajoutent : « Incroyable ! » Pour cette première génération d’après la guerre froide, celle-ci est à la fois lointaine et dangereuse. Ils se demandent comment quelqu’un a jamais pu redouter un État qui a fini par se révéler aussi faible, aussi inepte et aussi temporaire que l’Union soviétique. Mais ils se demandent aussi et me demandent : comment en sommes-nous jamais sortis vivants ?

J’ai écrit ce livre pour tenter de répondre à ces questions mais aussi pour répondre à une autre question que mes étudiants me posent régulièrement, bien qu’à un niveau moins fondamental. Il ne leur a pas échappé que j’ai déjà écrit plusieurs livres sur l’histoire de la guerre froide. En vérité, je leur en indique souvent un qui a plus de 300 pages pour les seules années qui précèdent 1962. « Ne pourriez-vous pas couvrir une période plus longue avec moins de pages ? » m’ont demandé poliment quelques-uns d’entre eux. C’est là une question raisonnable et qui l’est devenue encore davantage lorsque Andrew Wylie, mon agent littéraire si formidablement persuasif, a commencé à me convaincre du besoin d’un livre complet, accessible et de peu de pages sur la guerre froide – une manière pleine de tact de me faire comprendre que mes ouvrages précédents ne satisfaisaient pas à de tels critères. Comme je considère le fait d’écouter mes étudiants et mon agent comme à peine moins important que le fait d’écouter ma femme (à qui l’idée plaisait également), le projet semblait en valoir la peine.

La guerre froide est donc destinée pour l’essentiel à une nouvelle génération de lecteurs pour laquelle la guerre froide ne fut jamais « d’actualité ». J’espère que les lecteurs qui la vécurent trouveront eux aussi le volume utile parce que, comme Marx (Groucho, pas Karl) l’a dit une fois, « En dehors d’un chien, un livre est le meilleur ami de l’homme. Au-dedans d’un chien, il fait trop sombre pour lire. » Pendant que la guerre froide durait, il était difficile d’apprendre ce qui se passait. Maintenant qu’elle est finie – et que les archives soviétiques, est-européennes et chinoises ont commencé à devenir accessibles – nous en savons décidément plus. Nous en savons tant, en vérité, qu’il est facile de se sentir submergé. Ce qui est une raison supplémentaire pour écrire un ouvrage de petite dimension. (…)

Un mot de plus pour dire ce que ce livre n’est pas censé être. Il ne s’agit pas d’un ouvrage d’érudition originale. Les historiens de la guerre froide reconnaîtront beaucoup de choses que je dis, en partie parce que j’ai beaucoup puisé dans leurs travaux, en partie parce que j’ai répété des choses que j’avais déjà dites moi-même. L’ouvrage ne cherche pas non plus à repérer les racines de phénomènes postérieurs à la guerre froide tels que la globalisation, la purification ethnique, l’extrémisme religieux, le terrorisme ou la révolution informatique. Il ne constitue pas non plus une quelconque contribution à la théorie des relations internationales, un champ d’études qui a assez de problèmes par lui-même pour que je ne lui en ajoute pas. (…)

John Lewis Gaddis, extrait de la préface (2005)

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Quelques vues tirées du cahier central de l’ouvrage, contenant 40 illustrations noir et blanc.

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Le retour de la crainte

Découvrez le début du chapitre I, lu par une comédienne :

Notre extrait lu, en podcast sur notre chaîne Soundcloud

… ou à feuilleter au format !

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Se procurer La Guerre froide, de John Lewis Gaddis

  • Traduit de l’anglais par John E. Jackson
  • Paru le 15 mars 2019, aux éditions Les Belles Lettres
  • 15 x 21 cm – 368 pages, 8 cartes, 40 illustrations noir et blanc
  • EAN 9782251449173
  • 25, 90 € (existe également en epub)
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