Yi Jing, nouvelle traduction intégrale de Pierre Faure : déchiffrez votre carte intérieure

De beaucoup de carrefours de ce si vieux livre surgissent toujours des étincelles de sens. Encore faut-il qu’un chercheur les arpente, qu’il veille, qu’il soit à l’affût, et que parfois il tire une épée tranchante pour libérer un peu de lumière de la gangue du temps. Qu’il remette le temps lui-même en jeu, et son propre être-au-monde, en se frottant à l’avis de l’étrange grimoire. Le Yi attend, tel un vieux sage – sage mythique composé de si longtemps par de lointains guetteurs…

Le Yi Jing est l’une des sources fondamentales de la culture chinoise. Il en a accompagné les soubresauts depuis ses origines jusqu’à devenir au XXème siècle un ouvrage de portée universelle. De ses premiers rudiments de l’âge du bronze à son intégration en tant que Classique au corpus littéraire chinois, le Yi Jing à condensé les aspects principaux de cette pensée pour devenir la véritable grammaire du Yin–Yang, le langage commun à toutes les disciplines auxquelles s’intéresse aujourd’hui l’Occident (médecine traditionnelle, arts martiaux, tai-chi chuan & qi gong, feng-shui, calligraphie, etc.).

Pour les personnes intéressées par les cultures orientales cependant, le Yi Jing demeure souvent une énigme. La traduction qui a fait référence pendant des années, celle de Richard Wilhelm (1924) est aujourd’hui dépassée. Après l’éphémère mode des années 60 à laquelle elle a donné lieu, et malgré les tentatives de restitution qui ont suivi, il restait d’actualité d’en donner une version claire, qui ne soit pas réservée aux seuls spécialistes, sans pour autant tomber dans les facilités de vulgarisations qui en abîment le texte et en édulcorent l’esprit.

Cet ouvrage propose une nouvelle traduction de l’original chinois, accompagnée de commentaires actuels, propres à faciliter l’entrée dans le monde des Mutations. Le corps principal du livre est la traduction commentée des 450 paragraphes du texte original (les 64 hexagrammes) et de textes rattachés lors de sa canonisation sous les Han (Grandes et Petites Images, Dixième Aile).

Formateur, consultant et écrivain, Pierre Faure s’est spécialisé dans une approche du Yi Jing à la fois moderne et respectueuse des sources. Il est l’auteur d’une introduction au sujet, Le Yi Jing par lui-même (Alphée, 2006) et co-auteur de Yi Jing, le Livre des Changements (Albin Michel, 2002). Licencié en littératures européennes et en musicologie, il a été formé au chinois classique à l’Institut Ricci et à la relation d’aide à l’Irett (Institut de recherche et d’étude sur les thérapies transpersonnelles). Il assure des formations et anime des ateliers en France, Italie, Belgique, et promeut l’utilisation du Yi Jing comme outil d’accompagnement en consultation individuelle. Plus d’informations sur son site Le cercle du Yi Jing

Cet ouvrage est le résultat d’un parcours. Celui d’un Occidental d’aujourd’hui qui, tôt dans sa vie, a utilisé le Livre des Mutations pour évaluer les contours de sa réalité personnelle ; qui en a tiré au fil du temps des enseignements de plus en plus précis; qui a creusé les sources de cette autre culture pour mieux en approcher la vision du monde ; qui retire de cet « art du changement » des conclusions qui s’avèrent rien de moins qu’utiles en nos temps de grandes recompositions.

Et qui peut reprendre à son compte la déclaration d’un S. J. Marshall : « Je n’ai jamais mis en doute les pouvoirs de ce livre ! » Comment ne pas s’étonner en effet que cette œuvre étrange puisse toujours générer du sens si loin de son pays d’origine et de l’époque qui l’a enfantée ? Comment ne pas reconnaître dans son principe de base, la lutte amoureuse entre contraires, un axiome universel pouvant conduire qui s’en approche à réaliser ce but ultime de tout humain digne de ce nom : dégager la part la plus noble de son être ? (…)

Qu’il ait, grâce à la caution de Carl Gustav Jung, croisé le chemin d’investigations sur le psychique en général et le symbolique en particulier, cela n’a rien d’anodin, au point qu’il est possible désormais de parler d’une histoire du Yi Jing en Occident. Et celle-ci est d’autant plus destinée à se poursuivre que nous avons besoin d’outils pour penser l’immense mutation qui agite notre monde. Voici ce qu’écrivait le grand indianiste allemand Heinrich Zimmer qui, dès 1957, anticipait le bouleversement que nous vivons actuellement :

« Si nous voulons être de taille à aborder et affronter la nouvelle civilisation, c’est pour nous un devoir que de chercher à pénétrer les contenus mythiques de toutes les antiques traditions qu’il nous est possible de connaître ; car le changement en cours est si total, il embrasse tellement de choses que rien de ce qui s’est passé d’analogue dans les époques plus récentes ne peut suffire à nous donner l’énergie nécessaire pour résister à l’emprise de ce siècle effrayant et supporter le feu roulant de ses mutations. »

Dans cet ordre d’idée, et sans faire l’impasse sur ce qui nous sépare de la vision du monde de la Chine ancienne, il importe de préciser ce que peut être aujourd’hui une saine utilisation des Mutations. De vérifier si ce livre peut fournir, selon les mots de Zimmer, « une sorte de carte nous permettant d’explorer et de vérifier le contenu de notre être intérieur avec lequel, à l’état conscient, nous ne nous sentons que très vaguement en relation ». Essayons pour cela de détailler les éléments d’une pratique actuelle, celle par laquelle quiconque, pour peu qu’il s’en donne les moyens, peut apprendre à « jouer du Yi Jing » comme d’un instrument de connaissance de soi et du fonctionnement du monde.

Extrait de l’introduction de Pierre Faure que vous pouvez feuilleter en intégralité :

Yi Jing
Le Classique des Mutations

Présentation, traduction et commentaires
de Pierre Faure

Relié et toilé · 704 pages · 20 x 13 cm · 39 €
Bibliographie, Index, illustrations N&B
EAN 9782251452371

EN LIBRAIRIE LE 22 OCTOBRE

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