Tout Taleb en poche, savoirs à emporter

Nassim Nicholas Taleb, « le penseur qui va changer votre vie » se lit, se pense et s’emporte à présent en format poche. Ses cinq essais phares parus aux Belles Lettres sont disponibles dans le coffret Incerto ou séparément. De quoi Jouer sa peau, faire face au Hasard sauvage et reconnaître les Cygnes noirs, même dans la tourmente. En un mot, devenez Antifragile.

Rentrée désoblige, chers lecteurs, Nassim Nicholas Taleb vous propulse hors des bancs de l’école et de la culture hors sol vers une arène où la pensée concrète et l’action réfléchie règnent en seuls maîtres. Pour suivre son enseignement, rien de mieux que de le soupeser, de le prendre en main. Chacun de ses cinq essais, maintenus en haltérophilie, pèsent le poids de leur volatilité. Désormais plus légers, en coffret ou en poche seuls, ils ne demandent aucun effort de lecture : Taleb se lit d’un trait, qu’il saupoudre de commentaires scientifiques, d’anecdotes ou de contes philosophiques, de discussions pratiques et de citations stoïciennes. L’effort, concret et quotidien, se vit plus tard, quand vous tentez vous aussi de mettre votre peau en jeu. Vous en ressortirez aguerris et définitivement réconciliés avec l’incertitude. Surtout, vous comprendrez comment vous saisir du hasard, de la volatilité et des crises pour en sortir meilleur, ou, dirait-il, Antifragile.

« Un intellectuel qui n’aime pas les intellectuels, un ex-trader qui critique la finance, un ancien qui porte les habits d’un moderne, Nassim Nicholas Taleb, chercheur et philosophe libano-américain, se place sans doute parmi les penseurs les plus fascinants d’aujourd’hui. Pourtant, alors qu’il a déjà vendu des millions de livres dans le monde entier, la France fait une fois de plus figure d’exception, car les Français le lisent peu. La parution en poche de la traduction de son oeuvre grand public […] sera l’occasion, on l’espère, de combler cette carence. Car Taleb, c’est peu de le dire, pourrait bien changer votre vie. » Laetitia Strauch-Bonard, Le Point

Ancre ta connaissance, Antée

Antée était un géant – une sorte de demi-géant, plutôt –, le fils, au sens littéral du terme, de Gaïa, la Terre-Mère, et de Poséidon, le dieu de la mer. Il avait une curieuse occupation : obliger ceux qui passaient dans son pays, la Libye (grecque), à se battre ; sa technique consistait à clouer ses victimes au sol avant de les écraser. Ce loisir macabre était apparemment un moyen d’exprimer sa dévotion filiale ; l’objectif d’Antée était de construire pour son père Poséidon un temple en utilisant les crânes de ses victimes. Antée était réputé invincible ; mais il y avait un truc. Il tirait sa force du contact avec sa mère, la terre. Séparé physiquement de cette dernière, il perdait tous ses pouvoirs. Dans le cadre de ses douze travaux – dans une seule version de l’histoire ; pas toutes, en fait –, Hercule eut pour tâche de mettre une raclée à Antée. Il parvint à le soulever de terre et l’acheva en l’écrasant : les pieds d’Antée n’étaient plus en contact avec maman.

Ce que l’on retient de cette anecdote, c’est qu’à l’instar d’Antée, il est impossible de dissocier la connaissance d’un contact avec le sol. En fait, il est impossible de dissocier quoi que ce soit de ce contact. Et ce contact avec le monde réel se produit en jouant sa peau – en s’exposant au monde réel et en en payant les conséquences, bonnes ou mauvaises. Les éraflures de notre peau guident notre apprentissage et notre découverte de ce monde par une sorte de signal naturel – ce que les Grecs appellent « pathemata mathemata », « que la souffrance guide ton apprentissage », chose que les mères de jeunes enfants connaissent assez bien. Nous avons montré dans Antifragile que la plupart des choses dont nous attribuions l’invention aux universitaires avaient en fait été découvertes en bricolant, puis légitimées ultérieurement par un genre ou un autre de formalisation. La connaissance que nous engrangeons en bricolant, en tâtonnant, par l’expérience et grâce à l’oeuvre du temps (en d’autres termes, par un contact avec la terre), est infiniment supérieure à celle que nous acquérons en raisonnant – chose que les institutions préoccupées de leur propre intérêt se sont toujours assidûment employées à nous dissimuler.

Extrait de Jouer sa peau, Prologue, p. 17-18.

Micro formules, macro effets

L’homme de science a besoin de comprendre le monde, l’homme d’affaires a besoin que les autres ne le comprennent pas.

Il me semble que Socrate a été condamné à mort parce qu’il est abominablement repoussant, voire inhumain, de penser avec trop de clarté.

Un érudit est quelqu’un qui en dit toujours moins que ce qu’il en sait. Le contraire du consultant et du journaliste.

Qui sait en s’éveillant de quoi sa journée sera faite est déjà un peu mort.

La haine est beaucoup plus difficile à imiter que l’amour. Il y a des amours feintes, jamais des haines.

Depuis Caton l’Ancien, blâmer la nouvelle génération pour sa vacuité tout en faisant l’éloge des « valeurs » de la précédente est considéré comme une forme de maturité d’esprit.

La meilleure cure contre les journaux est de passer une année à lire ceux de la semaine précédente.

L’efficacité tue la noblesse, l’élégance, la vigueur et l’héroïsme de la vie. Mais elle tue aussi l’efficacité.

Le charme, c’est la capacité à insulter les gens sans les fâcher.

Le XXe siècle a été marqué par la banqueroute de l’utopie sociale, le XXIe le sera par celle de l’utopie technologique.

Question : est-ce qu’un lion (ou un cannibale) serait prêt à payer davantage pour de la viande d’humains élevés en liberté ?

Nous nous entre-tuons en temps de guerre, nous nous autodétruisons en temps de paix.

Ce n’est que récemment que « beaucoup de travail » est devenu un sujet d’orgueil et non plus de honte, une marque de manque de talent, de finesse et, surtout, de sprezzatura.

La littérature ne consiste pas à mettre en avant les qualités de l’écrivain, elle est plutôt une manière de bien habiller ses défauts.

L’homme médiéval était un rouage d’une machine qu’il ne connaissait pas, l’homme moderne est un rouage dans un système qu’il prétend comprendre.

Ils lisent Montaigne sur un Ipad, mais refusent de boire du château-lafite dans un verre en plastique.

Aphorismes tirés du Lit de Procuste (2011), repris dans le coffret Incerto au format poche.

Essais transformés, au format poche

Le Hasard sauvage
Comment la chance nous trompe

Sommes-nous vraiment capables de distinguer le génie visionnaire de l’imbécile chanceux ? Pourquoi nous obstinons-nous à vouloir trouver des messages sensés dans des événements dus au seul hasard ? Et n’aurions-nous pas une fâcheuse tendance à ordonner le réel selon une routine mentale biaisée, plutôt que de le voir tel qu’il est, avec toute son incertitude ? S’inspirant de disciplines aussi diverses que la littérature, la philosophie, la théorie des probabilités, la science cognitive et la finance, Nassim Nicholas Taleb montre comment notre esprit nous conduit à voir le monde comme beaucoup plus prévisible qu’il ne l’est…

Le Cygne noir
La puissance de l’imprévisible. Suivi de Force et Fragilité

Ce livre révèle tout des Cygnes Noirs, ces événements aléatoires, hautement improbables, qui jalonnent notre vie: ils ont un impact énorme, sont presque impossibles à prévoir, et pourtant, a posteriori, nous essayons toujours de leur trouver une explication rationnelle.
Dans cet ouvrage éclairant, plein d’esprit d’impertinence et bien souvent prophétique, Taleb nous exhorte à ne pas tenir compte des propos de certains « experts », et nous montre comment cesser de tout prévoir ou comment tirer parti de l’incertitude.

Édition augmentée de l’essai Force et fragilité.

Antifragile
Les bienfaits du désordre

Le hasard nous rend meilleurs. Avec ce provocant paradoxe, Taleb, nous offre un enseignement d’une portée révolutionnaire : comment non seulement surmonter les cataclysmes de notre temps – ces Cygnes Noirs qui fondent sur un homme, une culture, une civilisation, les bouleversent et les réduisent à néant –, mais en faire une source de bienfaits. De même que le corps humain se renforce à mesure qu’il est soumis au stress et à l’effort, de même que les mouvements populaires grandissent lorsqu’ils sont réprimés, de même le vivant en général se développe d’autant mieux qu’il est confronté à des facteurs de désordre, de volatilité ou à quoi que ce soit à même de le troubler. Cette faculté à non seulement tirer profit du chaos mais à en avoir besoin pour devenir meilleur est « l’antifragile ».

Jouer sa peau
Asymétries cachées dans la vie quotidienne

Pourquoi devrait-on cesser d’écouter ceux qui parlent au lieu d’agir ? Pourquoi les entreprises font-elles faillite ? Comment se fait-il que nous avons plus d’esclaves aujourd’hui qu’au temps des Romains ? Pourquoi imposer la démocratie aux autres pays ne marche jamais ?
Réponse : trop nombreux sont ceux qui dirigent le monde sans mettre leur peau en jeu.
Dans son livre le plus provocateur à ce jour, Taleb donne sa définition et ébranle les nôtres : qu’est-ce que comprendre le monde, réussir sa vie professionnelle, contribuer à une société juste ou injuste, détecter les non-sens et influencer les autres ?
D’Hammourabi à Sénèque, du géant Antée à Donald Trump, de Kant à Gros Tony, Taleb choisit ses exemples et montre qu’avoir quelque chose à perdre, vouloir accepter le risque, y voir une question de justice, d’honneur et de sacrifice, est pour les héros, les saints et bon nombre d’êtres humains épanouis… une essentielle règle du jeu.

Coffret Incerto, pour capturer l’incertitude

COFFRET POCHE comportant les 5 essais de Nassim Nicholas Taleb,
Le Hasard sauvage / Le Cygne noir suivi de Force et fragilité / Le Lit de Procuste / Antifragile / Jouer sa peau

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