Nos livres à paraître à la rentrée 2020

Wodehouse, N.N. Taleb, John L. Gaddis, Nahal Tajadod, Isaïah Berlin, Emmanuel Berl… nous sommes heureux de vous présenter une sélection de nos titres à paraître aux Belles Lettres à partir d’août 2020.

L’intégrale Incerto de Nassim Nicholas Taleb en poche + coffret

EN LIBRAIRIE LE 10 SEPTEMBRE 2020

Nassim Nicholas Taleb est l’un des essayistes les plus impertinents et influents de notre temps. Ancien trader, aujourd’hui écrivain, chercheur et auteur de nombreux articles scientifiques, Taleb se consacre à la pensée probabiliste et enseigne le risque à l’école d’ingénieurs de New York University. Ses livres, qui constituent une série littéraire intitulée Incerto (5 volumes, parue en 2018 aux Belles Lettres), sont traduits en 41 langues. Le Cygne Noir (2007) est tenu comme l’un des douze livres les plus influents depuis la Seconde Guerre mondiale. Jouer sa peau est son dernier livre paru aux Belles Lettres (2017).

« Cet ancien trader libertarien, féru de philosophie et de langues anciennes, confirme sa réputation de Pythie des risques non prévisibles, acquise en 2007 avec la publication de son best-seller mondial Le Cygne noir. » Les Échos, avril 2020

LE HASARD SAUVAGE. Comment la chance nous trompe. Traduit par Carine Chichereau- 12,5 x 19 cm, 384 pages, 15,90 € – Sommes-nous vraiment capables de distinguer le génie visionnaire de l’imbécile chanceux ? Pourquoi nous obstinons-nous à vouloir trouver des messages sensés dans des événements dus au seul hasard ? Et n’aurions-nous pas une fâcheuse tendance à ordonner le réel selon une routine mentale biaisée, plutôt que de le voir tel qu’il est, avec toute son incertitude ? S’inspirant de disciplines aussi diverses que la littérature, la philosophie, la théorie des probabilités, la science cognitive et la finance, Nassim Nicholas Taleb montre comment notre esprit nous conduit à voir le monde, et en particulier les mécanismes de la Bourse, comme beaucoup plus prévisible qu’il ne l’est… Voir en grand format.


LE CYGNE NOIR. La puissance de l’imprévisible suivi de Force et Fragilité. Traduit par Christine Rimoldy – 12,5 x 19 cm, 608 pages, 15,90 € – Quel est le point commun entre l’invention de la roue, Pompéi, le krach boursier de 1987, Harry Potter et Internet ? Pourquoi ne devrait-on jamais lire un journal ni courir pour attraper un train ? Que peuvent nous apprendre les amants de Catherine de Russie sur les probabilités ? Pourquoi les prévisionnistes sont-ils pratiquement tous des arnaqueurs ? Ce livre révèle tout des Cygnes Noirs, ces événements aléatoires, hautement improbables, qui jalonnent notre vie : ils ont un impact énorme, sont presque impossibles à prévoir, et pourtant, a posteriori, nous essayons toujours de leur trouver une explication rationnelle. Prophétique, Taleb nous exhorte à ne pas tenir compte des propos de certains « experts », et nous montre comment cesser de tout prévoir ou comment tirer parti de l’incertitude. Voir en grand format

ANTIFRAGILE. Les bienfaits du désordre. Traduit par Christine Rimoldy et Lucien d’Azay – 12,5 x 19 cm, 660 pages, 16,90 € – Le hasard nous rend meilleurs. Avec ce provocant paradoxe, Taleb nous offre un enseignement d’une portée révolutionnaire : comment non seulement surmonter les cataclysmes de notre temps – ces Cygnes Noirs qui fondent sur un homme, une culture, une civilisation, les bouleversent et les réduisent à néant –, mais en faire une source de bienfaits. De même que le corps humain se renforce à mesure qu’il est soumis au stress et à l’effort, de même que les mouvements populaires grandissent lorsqu’ils sont réprimés, de même le vivant en général se développe d’autant mieux qu’il est confronté à des facteurs de désordre, de volatilité ou à quoi que ce soit à même de le troubler. Cette faculté à non seulement tirer profit du chaos mais à en avoir besoin pour devenir meilleur est « l’antifragile ». Voir en grand format

JOUER SA PEAU. Asymétries cachées dans la vie quotidienne. Traduit par Christine Rimoldy – 12,5 x 19 cm, 384 pages, 15,90 € – Êtes-vous prêt à mettre votre peau en jeu ? Pourquoi devrait-on cesser d’écouter ceux qui parlent au lieu d’agir ? Pourquoi les entreprises font-elles faillite ? Comment se fait-il que nous avons plus d’esclaves aujourd’hui qu’au temps des Romains ? Pourquoi imposer la démocratie aux autres pays ne marche jamais ?

Réponse : trop nombreux sont ceux qui dirigent le monde sans mettre leur peau en jeu. Dans son livre le plus provocateur à ce jour, Taleb donne sa définition et ébranle les nôtres : qu’est-ce que comprendre le monde, réussir sa vie professionnelle, contribuer à une société juste ou injuste, détecter les non-sens et influencer les autres ? D’Hammourabi à Sénèque, du géant Antée à Donald Trump, de Kant à Gros Tony, Taleb choisit ses exemples et montre qu’avoir quelque chose à perdre, vouloir accepter le risque, y voir une question de justice, d’honneur et de sacrifice, est pour les héros, les saints et bon nombre d’êtres humains épanouis… une essentielle règle du jeu. Voir en grand format

Un coffret de ces quatre parutions en poche, complétées par Le Lit de Procuste (aphorismes) paraîtra simultanément, proposé à 55 €.

LE LIT DE PROCUSTE. Aphorismes philosophiques et pratiques.Dans la mythologie grecque, Procuste avait la particularité de couper les membres de ses hôtes ou de les écarteler pour qu’ils rentrent dans le lit qu’il leur offrait. Telle est, aux yeux de Nassim Taleb, notre société qui entend modifier les hommes pour qu’ils satisfassent les contraintes technologiques, reprochant à la réalité de ne pas être conforme aux modèles économiques. Renouant avec la forme classique de l’aphorisme, Taleb pointe avec humour et sans se prendre au sérieux les travers de notre monde tout en faisant l’éloge des valeurs antiques du courage, de l’élégance et de la lucidité. Voir en grand format

Histoire

BENN STEIL, LE PLAN MARSHALL, traduit par John Jackson

– EN LIBRAIRIE LE 18 SEPTEMBRE 2020.

15 x 21,5 cm – 540 pages – 25,90 € – ISBN : 978-2-251-45134-3

Visuel provisoire

Dans cet essai, lauréat de plusieurs prix et salué par J.L. Gaddis à sa sortie, Benn Steil révèle la trame saisissante du Plan Marshall et ses nombreuses résonances avec notre époque. Ce récit historique abouti s’affirme dès aujourd’hui, aux côtés du livre de J.L. Gaddis, comme un classique des études sur la Guerre Froide.

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, alors que l’Empire britannique s’effondre et que rien ne ralentit l’expansion de Staline, l’équipe du nouveau secrétaire d’État George C. Marshall planifie la reconstruction de l’Europe de l’Ouest comme un rempart contre l’autoritarisme communiste. Cette entreprise massive, ambitieuse et coûteuse, confronte aussi bien les Européens que les Américains à une vision en désaccord avec leur histoire et leurs conceptions personnelles. Dans sa lancée, elle entraîne la création de l’OTAN, de l’Union Européenne et de l’identité occidentale telle qu’elles façonnent encore les relations internationales.

L’intrigue haletante de l’essai de Benn Steil prend place entre 1947 et 1949. Il y redonne vie aux épisodes essentiels qui ont jalonné, dans l’Europe d’après-guerre, la dégradation des relations américano-soviétiques : le coup de Prague, le blocus de Berlin et la partition de l’Allemagne. À chaque fois, il nous est donné d’observer et comprendre la détermination de Staline à détruire le plan Marshall et miner l’influence américaine en Europe.

Étant donné les résurgences actuelles de la Guerre Froide et à l’heure où la Russie de Poutine déstabilise l’ordre mondial, l’équilibre délicat du pouvoir de la fin des années 1940 offre une lecture plus que jamais pertinente. Le Plan Marshall offre une contextualisation critique pour comprendre le paysage international d’aujourd’hui. À partir de nouvelles sources fascinantes en provenance des États-Unis, de Russie, d’Allemagne, et d’archives européennes, le récit de Benn Steil changera de manière pérenne notre façon de percevoir le plan Marshall et l’émergence de la Guerre Froide.

« Benn Steil s’est spécialisé dans la clarification de sujets complexes : d’abord avec The Battle of Bretton Woods, bien reçu par la critique, et à présent avec une histoire limpide du Plan Marshall. Délivrant avec le même enthousiasme des analyses diplomatiques, économiques et stratégiques, Steil met au point de nouveaux standards pour comprendre, non seulement la Guerre Froide, mais aussi l’après-Guerre Froide, pendant laquelle le futur de l’Europe et l’imbrication des États-Unis dans celui-ci, sont une fois encore en jeu. Un travail remarquable – et sans doute intemporel. » ‒ John Lewis Gaddis, auteur de La Guerre Froide, paru aux Belles Lettres en mars 2019

JOHN LEWIS GADDIS, DE LA GRANDE STRATÉGIE, traduit par John Jackson

– EN LIBRAIRIE LE 8 OCTOBRE 2020.

• 15 x 21 cm – 360 pages – 25,50 € – ISBN : 978-2-251-45109-1

Visuel provisoire

« Le renard » dit un vers du poète grec Archiloque « sait beaucoup de choses, mais le hérisson sait une grande chose. » Cet aphorisme, que le philosophe britannique Isaiah Berlin remit à l’honneur en 1951 dans un essai consacré à la philosophie de l’histoire de Léon Tolstoï (à paraître également en octobre 2020 voir plus bas) sert de point de départ à John Lewis Gaddis, le principal historien américain de la Guerre froide, à une réflexion sur la stratégie à travers toute l’histoire occidentale.

En dix chapitres, tous soigneusement documentés, et qui vont de la lutte entre Xerxès et Thémistocle au Ve siècle avant notre ère à celle de Roosevelt et de Staline, l’historien américain ne cesse d’approfondir une réflexion sur les raisons qui, au cours des siècles, permirent à certains stratèges – les renards – de l’emporter sur leurs adversaires. Comment Thémistocle contint-il Xerxès ? Comment Octavien fit-il échec à Antoine ? Comment Elizabeth I l’emporta-t-elle sur Philippe II d’Espagne dont les forces étaient pourtant infiniment plus grandes ? Plus que d’un simple pragmatisme, les renards, montre Gaddis, portent sur la réalité un regard bien moins offusqué par le voile déformant des idéologies de toutes sortes qui fascinent les hérissons.

Aussi bien, loin de se borner à n’être qu’une énumération de cas successifs, De la grande stratégie constitue-t-il avant tout une longue réflexion sur les raisons qui tout au long de l’histoire ont donné l’avantage à ceux qui surent privilégier le fait d’adapter leurs buts à leurs moyens plutôt que ceux qui tentèrent, souvent contre tout bon sens, de faire plier leurs moyens à leur but. Le cas de Koutouzov, l’inoubliable commandant en chef de l’armée russe dans le Guerre et paix de Tolstoï, devient ici l’emblème d’une intelligence stratégique qui, paradoxalement, fit souvent défaut aux plus ambitieux généraux de leur temps. Donnant souvent la préséance à la littérature ou à la réflexion politique sur les seuls ouvrages historiques, puisant chez Thucydide autant que chez Machiavel, Shakespeare, Sun Tzu ou Clausewitz, l’auteur plaide de façon convaincante en faveur d’une prise en compte de la réalité (matérielle, historique, militaire) qui sache tenir compte simultanément d’options ou de tendances opposées, par exemple les données dont le président d’un pays en guerre doit avoir à l’esprit aussi bien sur le plan domestique que sur le plan international.

Nourri par une connaissance aussi variée qu’étendue, animé par un sens de l’anecdote bienvenu, De la grande stratégie constitue une synthèse brillante de l’un des très grands historiens militaires et diplomatiques actuels.

• Du même auteur :

OLIVIER ANSART, PARAÎTRE ET PRÉTENDRE. L’imposture du bushidō dans le Japon pré-moderne

– EN LIBRAIRIE LE 10 SEPTEMBRE 2020.

• 16 x 22 cm sous jaquette, 280 pages, 25 € – ISBN : 978-2-251-45092-6

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Loyauté, honneur, courage, telles auraient été les vertus des samuraïs de la voie des guerriers (bushidō) du Japon pré-moderne. Mais le présent essai explique pourquoi leur vie était le plus souvent faite de mensonges, de trahisons et d’impostures.

Peu de cultures ont porté aussi haut que celle du Japon l’exaltation de la « voie des guerriers ». Celle-ci prenait la forme de discours – des textes, des codes de représentations et des comportements ritualisés – qui changèrent profondément avec le temps et les circonstances politiques, économiques et sociales. Ce livre est consacré à celui qui se développa pendant l’époque Tokugawa (1603-1868). Ce discours entretint alors avec les réalités de la vie des guerriers (les bushi ou samurai) des rapports très différents de ceux caractéristiques des périodes précédentes. Certes, il avait toujours été, et il sera encore, fort loin de simplement refléter la réalité des comportements des guerriers, mais c’est au cours de l’époque Tokugawa que la dimension théâtrale du discours de la voie des guerriers avec les mensonges et les impostures dont il était saturé, acquit une dimension nouvelle. Ces guerriers qui n’en étaient plus, mais ne pouvaient le faire voir, devinrent des serviteurs qui sous le masque de la loyauté complotaient contre leurs maîtres, des truqueurs sans vergogne de généalogies imaginaires, des tricheurs et menteurs en série, des amateurs de confort douillet qui brandissaient des armes qui n’étaient plus que des symboles vides.

Du même auteur :

MAURICE RHEIMS, HAUTE CURIOSITÉ

– EN LIBRAIRIE LE 10 SEPTEMBRE 2020.

• 12, 5 x 19 cm, 420 pages, 15 € – ISBN : 978-2-251-45118-3
Reprise poche de l’édition Robert Laffont (1975)

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« Commissaire-priseur, il est vrai que c’est un drôle de métier qui s’apparente à l’art du spectacle, à cela près que la vedette n’est pas celui qui parle haut, s’agite sur une tribune, ponctuant régulièrement son discours de coups de marteau, mais bien plutôt l’objet. Pièce d’autant plus animée qu’à chaque instant environ cent vingt fois dans un après-midi, un nouveau comédien surgit et, tel Guignol, salue comme il se doit le commissaire, se retourne vers le public, fait le beau et s’esbigne à la dernière enchère.

Le thème de la comédie jouée chaque jour à Drouot, comme dans toute salle des ventes, c’est quelque chose comme “l’objet mis en jugement” et “ouragan sur la brocante”. Stimuler les passions, énumérer les chiffres, donner des coups de maillet fut mon occupation pendant plus de trente ans. Une sorte de juge de paix chargé de tenir la balance égale entre celui qui désire se défaire au plus haut prix de son objet et le voisin qui brûle de l’acquérir pour pas cher. “Pour rien.” Ainsi dira-t-on d’un Van Gogh adjugé seulement 100 millions, comme on peut affirmer de la même oeuvre qu’elle est sans prix. C’est Babel et la confusion des langages. »

Romans, récits et essais littéraires

NAHAL TAJADOD, L’AFFAMÉ, préface de Jean-Claude Carrière

– EN LIBRAIRIE LE 8 OCTOBRE 2020.

• 12,5 x 19 cm, 240 pages, 19 € – ISBN : 978-2-251-45108-4
L’ouvrage sera publié simultanément en persan aux éditions Nashr-e Cheshmeh à Téhéran

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En 1185, à Tabriz dans le nord-ouest de l’Iran, Shams voit le jour. Encore enfant, il refuse le quotidien, les amitiés, les obligations. Pourquoi demeurer auprès de parents qui ne sont que des inconnus ? Prendre une épouse et fonder un foyer reviendrait à forger sa propre cage. Sa place est ailleurs, dans le grand océan.
Il pratique le sama, cette danse mystique cherchant à relier le ciel à la terre. Il part pour Bagdad, Damas, Alep à la recherche de celui qui pourra lui apprendre quelque chose, de celui qui saura ne pas l’enchaîner.
La route est longue ; la recherche incertaine. Il sait que la rencontre ne pourra avoir lieu qu’avec une seule personne, un homme aperçu furtivement à Damas des années plus tôt : Mowlânâ.
À Konya, dans l’actuelle Turquie, la rencontre des deux maîtres, des deux disciples, des deux amis met fin à seize années de privation. Elle permet l’union de deux affamés et donne au monde l’un des plus grands poètes de l’histoire de l’humanité : Mowlânâ prend le calame et devient celui que nous appelons Roumi. Shams et lui ne parlent que le langage du feu. Mowlânâ était cru, il est soudain cuit puis brûlé. Puis une fois la poésie libérée, une fois le maître débarrassé de ses admirateurs, Shams doit partir, même si cette séparation conduit à la solitude et à la douleur.
Les Maqâlât de Shams de Tabriz sont le récit en persan de cette rencontre, de cette union et de cette séparation. Mais, notes éparses des disciples du grand maître, ces Maqâlât comptent près de mille pages dans l’édition critique iranienne (Mohammad ‘Ali Movahhed, 3e éd. revue et corrigée, Téhéran, Khwârazmi, 2006) et constituent un ensemble haché qui ne suit aucune chronologie (cf. trad. fr. partielle de C.-H. de Fouchécour : Shams de Tabriz, La Quête du joyau, Éd. du Cerf, 2017, 540 p., 39 €). Nahal Tajadod reconstitue ici, avec les mots de Shams, le récit de cette rencontre hors du temps, insérant çà-et-là quelques descriptions géographiques d’Ibn Batûta ou encore des poèmes de ‘Attâr.

Née à Téhéran, Nahal Tajadod vit en France depuis 1977. Spécialiste du bouddhisme, du christianisme iranien et du poète Rûmi, elle a publié plusieurs essais dont Roumi le brûlé (JC Lattès, 2004), Sur les pas de Roumi (Albin Michel, 2006) et Les Porteurs de Lumière (Albin Michel, 2008). Elle a également écrit plusieurs romans, Les Simples Prétextes du bonheur (JC Lattès, 2016), Elle joue (Albin Michel, 2012), et deux ouvrages autobiographiques, Passeport à l’iranienne (JC Lattès, 2007) et Debout sur la terre (JC Lattès, 2010).

P.G. WODEHOUSE, UN AMOUR DE MONTE-EN-L’AIR, traduit par Anne-Marie Bouloch

– EN LIBRAIRIE LE 20 AOÛT 2020.

• 12,5 x 19 cm, 340 pages, 15 € – ISBN : 978-2-251-45125-1

Traduction inédite en français de A Gentleman of leisure (première parution en 1910, dernière édition originale en 2003).

Visuel provisoire

Dans ce roman plein d’humour, le richissime célibataire Jimmy Pitt, grand mondain et ancien journaliste, relève dans un bar le périlleux pari d’un cambrioleur. Si entrer par effraction lui semble d’une facilité enfantine, il se rend compte avec effroi que la maison dont il vient de forcer la porte n’est autre que celle d’un policier new-yorkais ayant la réputation d’un vrai dur. Bien entendu, le Capitaine MacEachern est le père d’une ravissante jeune femme et ne souhaite pas qu’on mette le nez dans ses affaires. Et, pour corser le tout, sa fille a charmé Jimmy sur le bateau qui le ramenait à New York.

Les complications qui vont suivre, typiques des romans de Wodehouse, saupoudrent tous les ingrédients irrésistibles du maître du genre : un casting de personnages mêlant policiers corrompus, criminels anglais, haute société new-yorkaise, une romance impossible, des stratagèmes et des rebondissements à n’en plus finir.

En bref, voici une des comédies les plus amusantes et légères du romancier, totalement inédite en français.

EXTRAIT

« Jimmy rentra la tête et s’assit dans le fauteuil que Mifflin venait de quitter. Un moment plus tard, il se leva pour aller éteindre la lumière. Il était plus agréable de réfléchir dans le noir. Ses pensées prenaient de nombreuses directions, mais revenaient toujours à l’inconnue du Mauretania. C’était absurde, bien entendu. Il n’était pas étonnant qu’Arthur Mifflin ait traité cette histoire en plaisantant. Brave vieil Arthur ! Content qu’il ait eu du succès. Mais était-ce une plaisanterie ? Qui a dit qu’une plaisanterie était comme la pointe d’une aiguille qu’on cesse de trouver agréable quand on la dirige sur vous ? Si quelqu’un d’autre lui avait confié une histoire d’amour aussi boiteuse, il en aurait ri aussi. Seulement, quand vous êtes au centre d’une histoire d’amour, même boiteuse, vous la voyez sous un angle différent. Bien sûr, mal racontée, elle était absurde. Il le voyait bien. Mais quelque chose, au fond de son cœur, lui disait qu’elle n’était nullement absurde. Et cependant… L’amour ne vient pas comme ça, en un éclair. On pourrait aussi voir apparaître tout d’un coup une maison. Ou un bateau. Ou une automobile. Ou une table. Ou un… Il se redressa avec un sursaut. Il était en train de s’endormir.

Il songea à son lit, mais il lui semblait très loin. Beaucoup trop loin. Des kilomètres de tapis à traverser avec, au bout, une escalade fatigante. Sans compter qu’il fallait se déshabiller. Se déshabiller, quelle barbe ! Cette fille avait une bien jolie robe, le quatrième jour de mer. Du sur-mesure. Il aimait le sur-mesure. Il aimait toutes ses robes. Il l’aimait, elle. Est-ce qu’il lui avait plu ? Difficile à dire quand on n’a pas pu se parler. Elle était brune. Arthur aimait les blondes. Arthur était idiot. Brave vieil Arthur ! Content qu’il ait eu du succès. Il pouvait se marier s’il voulait. S’il n’était pas si remuant. S’il pouvait rester plus d’un jour à la même place. Mais, est-ce que cette fille voudrait de lui ? Comme ils ne s’étaient jamais parlé, il était difficile de…

Là, il s’endormit. »

DUFF COOPER, LE ROI DAVID, traduit par André et Louise de Vilmorin

– EN LIBRAIRIE LE 20 AOÛT 2020.

• 12,5 x 19 cm, 220 pages, 13,90 € – ISBN : 978-2-251-45112-1
Première édition au Club des librairies de France (1958), reprise par Robert Laffont (1976).

Visuel provisoire

Duff Cooper (1890 – 1954) signe une biographie fidèle aux écritures, segmentée selon les étapes principales de la vie mythique du roi David. Son récit, avec un réalisme saisissant, dépeint la destinée du jeune berger aux boucles blondes, si doué pour la musique et la conversation qu’il est choisi par le Prophète Samuel pour succéder au vieillissant roi Saül.

L’arrivée de David à la cour, la conquête de Michal, la séduisante fille de Saül, après le célèbre combat contre Goliath, puis la période de l’exil et du doute, apparaissent ici dans toute leur lumière comme les obstacles nécessaires à son glorieux règne. Celui-ci ne s’en trouve pas moins troublé par des sentiments contraires, et en particulier un amour si puissant pour la belle Bethsabée qu’il se détourne pour la première fois de Jéhovah. Les luttes pour hériter de son trône et le deuil de son fils favori achèvent dans la discorde la vie du roi David. Duff Cooper met de côté la légende pour raconter avec simplicité et clarté son histoire, rendant justice à toute sa densité dramatique.

KENNETH FEARING, LE GRAND HORLOGER, traduit par Boris Vian

– EN LIBRAIRIE LE 20 AOÛT 2020.

• 12,5 x 19 cm, 350 pages, 15 € – ISBN : 978-2-251-45110-7
Reprise de l’édition des Nourritures terrestres (1947). À l’occasion du centenaire de la naissance de Boris Vian.

Visuel provisoire

Dans Le Grand Horloger, publié en 1946 et traduit en français un an plus tard par Boris Vian, Kenneth Fearing (1902-1961) enclenche brillamment les rouages narratifs d’une mécanique originale : l’enquêteur et le mystérieux témoin d’un crime sont la même personne. Ce chef d’œuvre du thriller américain a été adapté à deux reprises au cinéma, en 1948 et 1987.

George Stroud est rédacteur en chef de Voies du crime, un des fleurons du magnat de la presse Earl Janoth. Bien que marié, le journaliste taciturne entame une liaison coup de foudre avec Pauline Delos, la maîtresse de son patron.

Un soir, il l’emmène au bar de Gil, qui se vante de posséder toutes les choses du monde dans son musée personnel puis chez un brocanteur où il déniche Judas, un tableau de Louise Patterson, peintre excentrique un peu oubliée. En raccompagnant Pauline, George aperçoit Earl Janoth, de retour d’un voyage d’affaires, entrer dans l’appartement de la jeune femme.  Le lendemain, Pauline est retrouvée assassinée chez elle. Earl Janoth, qui a vu sa maîtresse sortir le soir du meurtre au bras d’un homme, charge son meilleur reporter et plus fidèle employé d’enquêter sur l’identité de l’inconnu, espérant ainsi l’accuser du crime. George Stroud se retrouve pris au piège : enquêteur malgré lui et témoin recherché, il tente de sauver son mariage et sa vie.   « La grande horloge, ses aiguilles, ses ressorts d’acier étaient tendus pour frapper un autre homme. Mais il sait qu’inévitablement, bientôt, il sera visé à nouveau. »

EMMANUEL BERL, PRISES DE SANG (À la couleur du temps, tome I)

– EN LIBRAIRIE LE 18 SEPTEMBRE 2020.

• 12,5 x 19 cm, 120 pages, 13,90 € – ISBN : 978-2-251-45132-9
Première édition en 1946 chez Robert Laffont.

Visuel provisoire

« Nous n’aurons pas été à l’avant-garde du monde. Nous n’aurons pas inauguré les bombardements par avions des populations fuyantes et des villes ouvertes. Nous n’aurons pas eu les premiers la pensée de tirer hors de la tête les yeux d’hommes désarmés, pour mesurer l’extension du nerf optique. Nous n’aurons pas transformé en savon les cadavres des otages. Nous n’aurons pas réalisé la première bombe atomique.

Mais il n’est pas possible que ces excès monstrueux continuent. Il faudra bien que cet univers-là change, ou qu’il périsse. La raison devra, en fin de compte, préférer la raison à ce qui la nie, et l’homme préférer l’homme à ce qui le dévore. Pour redevenir la grande nation devant l’esprit, sinon devant la matière, pour être une fois encore la vigie très illustre de l’Occident, il suffirait, sans doute, il suffira que la France, adhérant à son propre génie, cesse enfin de se renier. »

Emmanuel Berl (1892-1976) fut l’ami intime d’André Malraux et Pierre Drieu La Rochelle. Figure intellectuelle marquante de l’entre-deux-guerres, son œuvre oscille entre essais et récits autobiographiques. Devenu célèbre grâce à la publication de son essai marxiste Mort de la pensée bourgeoise en 1929 (nettement influencé par Malraux), il publie avec Drieu La Rochelle un éphémère périodique intitulé Les Derniers Jours et devient rédacteur en chef de Marianne de 1932 à 1937. Après la Seconde Guerre Mondiale (durant laquelle il n’a pas dérogé à sa position pacifiste), il se retire des milieux politiques et littéraires pour se consacrer à l’écriture, notamment d’une Histoire de l’Europe (parue en trois tomes chez Gallimard en 1946-47 puis en 1983), de Cent ans d’histoire de France (Arthaud, 1942) ainsi que d’œuvres plus intimes comme Sylvia ou Présence des morts (parus dans la collection « L’Imaginaire » de Gallimard en 1952 et 1956). À la fin de sa vie, toujours conscient de ce « contretemps » qui le singularise par rapport à son époque, il donne à Patrick Modiano puis Jean d’Ormesson deux séries d’entretien : Interrogatoire (Gallimard, 1976) et Tant que vous penserez à moi (Grasset, 1992 et 2003).

MARIO RIGONI STERN, RETOUR SUR LE DON, traduit par Marie-Hélène Angelini

– EN LIBRAIRIE LE 10 SEPTEMBRE 2020.

• 12,5 x 19 cm, 160 pages, 13,50 € – ISBN : 978-2-251-45133-6
Reprise de l’édition Desjonqueres (1999)

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Dans cette évocation de la campagne de Russie à laquelle il participa en tant que chasseur alpin italien, Rigoni Stern (1921-2008) fait revivre les moments forts de sa vie. Au-delà des hostilités imposées et de l’absurdité des combats, les contacts humains avec la population locale, élémentaires et essentiels, demeurent. Trente ans après, l’auteur du Sergent dans la neige, revient dans les steppes russes parcourir à nouveau le tragique itinéraire où la plupart de ses camarades sont tombés.

Passé et présent alternent, mais l’identité des souffrances vécues rapproche les deux camps autrefois opposés ; l’auteur retrouve alors les qualités de l’âme russe découvertes dans les camps de prisonniers. La guerre n’a pas épargné non plus le plateau d’Asiago, en Vénétie, haut lieu de la Résistance. De tout cela, Rigoni Stern porte témoignage. Avec un réalisme sobre, nourri d’émotion et de poésie face à la nature, il fait sortir de l’anonymat des humbles qui, forcés par les horreurs de la guerre à se révéler, acquièrent une dimension légendaire.

Du même auteur :

Études

ISAIAH BERLIN, LE RENARD ET LE HÉRISSON, Essai sur la vision de l’histoire de Tolstoï, traduit par Aline Berlin, préface de Mario Vargas Llosa

– EN LIBRAIRIE LE 8 OCTOBRE 2020.

• 12,5 x 19 cm, 140 pages, 13 € – ISBN : 978-2-251-45095-7
Reprise partielle du recueil d’essais Les Penseurs russes, publié chez Albin Michel (1984).

Visuel provisoire

« Le renard sait beaucoup de choses, mais le hérisson sait une grande chose ». Cet aphorisme du grec ancien, qui fait partie des fragments du poète Archiloque, décrit la thèse centrale de l’essai magistral d’Isaiah Berlin sur Leon Tolstoï et la philosophie de l’histoire, sujet de l’épilogue de Guerre et Paix.

Bien qu’il y ait eu de nombreuses interprétations de cet adage, Berlin s’en sert pour opérer une distinction fondamentale entre les êtres humains fascinés par l’infinie variété des choses et ceux qui relient tout à un système central et englobant.

 Appliqué à la pensée de Tolstoï, ce propos éclaire un paradoxe qui nous aide à expliquer sa philosophie de l’histoire : le romancier russe était un renard alors qu’il croyait être un hérisson. Cet extraordinaire essai, traduit par la femme du philosophe, est une des œuvres les plus célèbres de Berlin. Elle permet une compréhension en profondeur de Tolstoï, de la pensée historique et de la psychologie humaine.

EXTRAIT

« Parmi les fragments du poète grec Archiloque se trouve un vers qui dit : « Le renard sait beaucoup de choses, mais le hérisson sait une grande chose. » Les spécialistes ont proposé différentes interprétations de ces paroles obscures, qui ne signifient rien d’autre que le fait que le renard, en dépit de toute sa ruse, est impuissant contre la défense unique du hérisson. Mais, pris dans un sens figuré, ces mots peuvent être compris comme marquant l’une des différences les plus profondes qui divisent les écrivains et les penseurs et peut-être même l’ensemble des êtres humains. Car il existe un grand fossé entre ceux qui, d’un côté, rapportent tout à une vision centrale unique, à un système, plus ou moins cohérent ou précis, grâce auquel ils comprennent, pensent et ressentent – un principe organisateur unique et universel en fonction duquel tout ce qu’ils sont et tout ce qu’ils disent acquière son sens – et, de l’autre côté, ceux qui poursuivent différents buts, souvent sans rapport les uns avec les autres et mêmes contradictoires entre eux, reliés, s’ils le sont, uniquement de manière de facto, par quelque cause psychologique ou physiologique, mais sans lien avec un quelconque principe moral ou esthétique. Ces derniers mènent des existences, commettent des actes et conçoivent des idées qui sont centrifuges plutôt que centripètes ; leur pensée est éparse ou diffuse, elle se meut sur plusieurs plans, saisit l’essence d’une grande variété d’expériences et d’objets pour ce qu’ils sont en eux-mêmes, sans chercher, consciemment ou inconsciemment, à les insérer dans quelque vision intérieure unitaire, immuable, universelle, parfois contradictoire et incomplète, parfois fanatique ou à les exclure de celle-ci. Le premier genre de personnalité intellectuelle et artistique appartient aux hérissons, le second aux renards ; et sans insister sur une classification rigide, nous pouvons, sans trop craindre d’être contredit, avancer qu’en ce sens Dante appartient à la première catégorie, Shakespeare à la seconde ; Platon, Lucrèce, Pascal, Hegel, Dostoïevski, Nietzsche, Ibsen, Proust sont, à des degrés différents, des hérissons tandis qu’Hérodote, Aristote, Montaigne, Érasme, Molière, Goethe, Pouchkine, Balzac, Joyce sont des renards. »

• Du même auteur :

ANDRÉ TUBEUF, PLATON DE PLAIN-PIED

– EN LIBRAIRIE LE 8 OCTOBRE 2020.
Inédit

• 12,5 x 19 cm, 240 pages, 21 € – ISBN : 978-2-251-45104-6

Visuel provisoire

Platon est de nos jours une légende. Réduit à n’être qu’un monde des Idées, et vieux comme les Idées, on tourne la page avant d’avoir commencé à le lire. On oublie celui qui accroche Platon au sol, au quotidien, à la discussion critique : le prodigieux et formidablement réel Socrate, qui fut son maître et peut redevenir, dans nos troubles, nos questions, nos angoisses notre maître à tous, le maître qui manque si fort aujourd’hui.

Platon de plain-pied propose d’entrer dans Platon au niveau où on se trouve, pour jeter un coup d’œil et aller plus loin. Nos pensées flottent et s’égarent. Platon et Socrate sont là pour les aider à être plus claires, se mettre d’aplomb.

Né à Smyrne en 1930, André Tubeuf entre à l’ENS (Ulm) en 1950. Agrégé de Philosophie en 1954, il est appelé comme conseiller pour la musique aux cabinets de Jacques Duhamel puis Michel Guy et continue à assurer ses cours de Classes Préparatoires, représentant le Ministre tant à l’inauguration de l’Opéra du Rhin (1972) qu’à celle du Palais de la musique et des Congrès (1975).  Il commence en 1976 sa collaboration (qui dure toujours) avec le Point, et avec Diapason, Opéra International et enfin Classica.  Depuis 1980 il a publié des ouvrages sur le Lied (Actes Sud, 2011), Mozart, Beethoven, Richard Strauss, Verdi. Ces derniers livres en date sont les suivants : le Dictionnaire amoureux de la Musique (Plon, 2012) ; Je crois entendre encore (Plon, 2013); Hommages (Actes Sud, 2014) et Adolf Busch, le premier des Justes (Actes Sud, 2015).  Suivent Bach ou le meilleur des mondes (2017, le Passeur, Prix de la Critique de l’Académie Française pour l’ensemble de son œuvre) et Mozart le Visiteur (2019, Via Appia). André Tubeuf est aussi l’auteur de quatre romans : les Enfants Dissipés (Gallimard, 1987), Damiel ou les Indifférents (Albin Michel, 2000), La Quatorzième Valse (Actes Sud, 2008) et l’Orient derrière soi (Actes Sud, 2016, Prix Méditerranée 2017).

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