La série du Centenaire des Belles Lettres | 1919-2019

À l’occasion de leur 100 ans d’édition, Les Belles Lettres rendront hommage tout au long de l’année aux classiques publiés dans les collections de la maison. Que vous les connaissiez ou non, les textes réunis dans la série du Centenaire célèbrent le plaisir toujours neuf de la lecture. Vous y croiserez des histoires d’amour et d’héroïsme mais aussi des métamorphoses antiques, vous y apprendrez comment bien régner et comment vous détacher de vos soucis de mortels, vous y contemplerez la nature en philosophe et en poète.

Les livres du Centenaire se présentent en traduction seule, illustrée par de jeunes artistes contemporains et dans le format emblématique de la maison (12 x 19 cm). L’occasion pour chacun d’emporter avec soi Ovide, dès le mois de janvier, Machiavel et Apollonios de Rhodes en février, Homère, Lucrèce et l’Anthologie grecque en avril, et Épictète  en juin. La suite du programme vous sera dévoilée au début de l’été…

Ovide, Les Métamorphoses

Paru le 11 janvier 2019

Texte présenté et traduit par Olivier Sers – Illustrations par Marguerite Carnec

464 pages – 19 €

Les Métamorphoses d’Ovide (43 av. J.-C.-17 ap.) sont pour la poésie latine une sorte de livre des records, de longueur (11995 vers évoquant ou narrant 250 métamorphoses en quelque 150 épisodes), mais aussi de variété des genres, des styles et des procédés narratifs. Couvrant toute l’histoire du monde, du chaos originel au temps d’Auguste où écrit le poète, sorte d’œuvre-univers dont la structure labyrinthique fait un véritable et fascinant palais des mirages, « Légende dorée » ou « Vatican du paganisme », « Mille et une nuits de l’Antiquité » elles s’ouvrent sur un récit de la Genèse et s’achèvent, après un long et passionnant prêche philosophique prononcé par Pythagore (569-475 av. J.-C.), sur la promesse de divinisation de l’empereur régnant et d’immortalité du poète, après avoir offert au lecteur, sans jamais l’ennuyer, une profusion de récits épiques et de contes burlesques, édifiants, émouvants ou galants, dont la postérité n’a cessé de recycler les inépuisables joyaux.

Je veux dire l’histoire et les métamorphoses
Des formes et des corps.
Dieux, c’est votre œuvre aussi :
Inspirez mon poème et guidez-en le fil
De l’aurore du monde au matin d’aujourd’hui !

I, 1-4

Le chef-d’œuvre d’Ovide est toujours à redécouvrir.
Books – avril 2019


Ovide : poète du XXIe siècle ? Sans doute.
Pour impressionnante qu’elle soit, l’œuvre se lit comme une épopée où l’on s’immerge assez rapidement, pris que nous sommes par un rythme marqué par les bouleversements, les retours en arrière, les surprises. Ovide y explore en les métamorphosant, en les revisitant, les légendes et les mythes gréco-romains, à travers des détournements et des emprunts à Homère, Virgile, Lucrèce…
Le Figaro littéraire – 02 mai 2019

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Olivier Sers a déjà publié aux Belles Lettres des traductions versifiées de Virgile, (L’Énéide, 2015), Catulle (Le Roman de Catulle, 2004), Lucrèce (De la nature, 2012), d’Ovide (De l’amour, 2016 et Contre Ibis, 2017), Sénèque (Tragédies, 2011), des poètes néo-latins de la Renaissance Jean Second et Michel Marulle (Les Baisers/ Épigrammes, 2006), mais aussi des traductions non versifiées de romans et satires avec Pétrone (Satiricon, 2002), Juvénal (Satires, 2002) et Apulée (Les Métamorphoses ou l’Âne d’or, 2007). Son impressionnante entreprise de traduction a été saluée à de nombreuses reprises. Voir ses traductions

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Apollonios de Rhodes, Les Argonautiques

Paru le 8 février 2019.

Texte traduit et indexé par Francis Vian et Émile Delage. Présente édition préfacée par Glenn W. Most annotée par Laure de Chantal. Illustrations par Benjamin Tejero

352 pages – 21 €

Le poème d’Apollonios relate la fameuse histoire de Jason,
« cestui-là qui conquit la toison », grâce à Médée, la sorcière de Colchide, et à Athéna, la déesse qui le protège depuis la proue de l’Argô. Si le mythe est connu, la vie du poète nous est plus obscure. D’Apollonios nous savons qu’il naquit, non pas à Rhodes, mais à Alexandrie, en 295 avant J.C., qu’il fut le récepteur de Ptolémée III Evergète, et sans doute qu’il devint le directeur de la bibliothèque d’Alexandrie. Il dut s’exiler à Rhodes, mais les raisons de cet exil ne nous sont pas connues. Ce grand érudit ne se cantonna pas à la poésie épique et écrivit des œuvres philologiques dont un Contre Zénodote et un commentaire d’Hésiode, ainsi que des récits étiologiques. Mais sa plus grande œuvre est sans nul doute Les Argonautiques, long poème épique réussissant à mêler à la tradition homérique l’érudition qui charmait le public de la période alexandrine.

Je rappellerai les exploits de ces héros d’autrefois qui, par la bouche du Pont et à travers les Roches Kyanées, sur l’ordre du roi Pélias, menèrent vers la toison d’or la solide nef Argô.
I, 1-4

Sans doute la différence avec une écriture contemporaine tient-elle dans le fait que l’auteur — dont on ne sait pas grand-chose — prend le temps d’installer son histoire, avec une mise en route exceptionnelle. […] Ensuite, il suffit de se laisser embarquer.
Le Figaro littéraire – 02 mai 2019

Pour L’Iliade comme pour Les Argonautiques, Les Belles Lettres ont fait appel à des dessinateurs dont on peut penser qu’ils jouent un rôle de négociateur avec un texte de plus en plus déroutant à mesure que s’estompe la culture classique.
Le Soir – 04 mai 2019

Lire également Sur l’Argô d’Andrea Marcolongo : La Part du héros et les Argonautiques

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Machiavel, Le Prince

Paru le 15 février 2019

Traduction de Paul Larivaille, texte établi par Mario Martelli

Illustrations de
Benjamin Van Blancke

Version intégrale – 320 pages. Bibliographie, index. – 19 €

En 1513, dans le dépouillement de sa propriété de Sant’Andrea in Percussina, Machiavel, évincé de la chancellerie de Florence, s’attelle à la rédaction de son désormais célèbre traité dédié au prince Julien de Médicis.

Je juge qu’il peut être vrai que la fortune soit l’arbitre de la moitié de nos actions, mais aussi qu’elle nous en laisse, à nous, gouverner l’autre moitié ou à peu près. XXV, 4

Lire également : La Vie de Machiavel et le Prince, deux nouvelles éditions, sur ce blog

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Homère, Iliade

Paru le 12 avril 2019

Texte introduit et traduit par Paul Mazon. Notes de Paul Mazon, revues pour cette édition par Caroline Noirot

Illustrations par Léopold Prudon

Version intégrale – 664 pages, 1 carte, index. – 23 €

Au seuil de l’histoire et de la littérature de l’Occident (aux alentours du VIIIe siècle avant J.-C.), un immense poème, l’Iliade, conte les exploits en même temps que les peines des héros de la guerre de Troie, et, au centre de ce poème, un immense héros, Achille, exhibe sa force tout autant que ses larmes. Pourrions-nous aujourd’hui concevoir l’idée d’une sensibilité qui serait héroïque ? Il est bon de toujours retourner à Homère…

Chante, déesse, la colère d’Achille, le fils de Pélée ; 
détestable colère, qui aux Achéens valut des souffrances 
sans nombre et jeta en pâture à Hadès tant d’âmes fières de héros.
 
I, 1-4

D’emblée, on est surpris, conquis par la vigueur, la clarté, l’alacrité du style; conquis aussi par la vivacité des personnages et des dialogues. Rien de hiératique dans cette épopée pleine de bruit, de fureur et de tendresse où hommes et dieux se mêlent, se cognent, s’aiment et se déchirent.
Le Figaro littéraire – 02 mai 2019


Pour L’Iliade comme pour Les Argonautiques, Les Belles Lettres ont fait appel à des dessinateurs dont on peut penser qu’ils jouent un rôle de négociateur avec un texte de plus en plus déroutant à mesure que s’estompe la culture classique.
Le Soir – 04 mai 2019

Lire également : Homère, Iliade, le chant I dans la traduction de Paul Mazon, offert à la lecture en intégralité

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Lucrèce, De la nature

Paru le 19 avril 2019

Texte traduit et annoté par Alfred Ernout. Notes complémentaires par Élisabeth de Fontenay.

Illustrations par Scott Pennor’s

Version intégrale – 320 pages – 21 €

Dans cet unique exposé systématique de la doctrine épicurienne, Lucrèce nous enjoint à guérir le mal de vivre par la promesse du néant et à soigner notre angoisse par la contemplation des lois d’un monde fruit du hasard, où rien ne se perd ni ne se crée. Composer un traité de physique en vers enluminés de poésie et de beauté, de désespoir et de gaité, tel est le pari réussi du poète philosophe. Lucrèce a réussi à conjoindre deux incompatibles, l’explication et la célébration et s’est autorisé ce prodige immanent, une matière se faisant verbe parce que le verbe se fait matière. Ainsi ne craint-il pas d’établir une analogie entre la nature et son poème.

Cette œuvre signe un recommencement et brille comme une seconde aurore par rapport à l’atomisme grec. Elle nous fait savourer une amère absinthe enrobée de lumière qui influencera pour le meilleur et pour le pire l’idée d’une « maîtrise et possession de la nature ». Et rappelons que ce fut, à raison, le livre de chevet de Montaigne, de Pascal et de Fréderic le Grand.

Je veux te révéler les principes des choses, te montrer où la nature puise les éléments dont elle crée, fait croître et nourrit toutes choses, où elle les ramène de nouveau après la mort et la dissolution.
I, 55-57

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Anthologie grecque

Paru le 19 avril 2019

Textes traduits par R. Aubreton, F. Buffière, P. Camelot, A. Dain, A.-M. Desrousseaux, M. Dumitrescu, J. Guillon, J. Irigoin, P. Laurens, H. Le Maître, E. des Places, G. Soury et P. Waltz.

Préface et notes par Pierre Laurens.

lllustrations parMarin Martinie

XL + 712 pages – Index – 23 €

La poésie grecque commence avec l’Iliade et finit par l’Anthologie, ce prodigieux florilège réunissant une myriade de petits poèmes appelés épigrammes, composés sans interruption pendant douze siècles, durant lesquels le genre n’a cessé de s’enrichir. Voici une anthologie foisonnante dont la réception française actuelle a nécessité un vaste travail collectif. La présente édition réunit, en traduction seule, 16 livres, publiés entre 1936 et 2011 dans la Collection des Universités de France.

Muse aimée, à qui apportes-tu tous ces fruits réunis dans un chant ?
Qui donc, pourrais-je dire encore, a tressé cette couronne de poètes ?

IV, I, I-2

Lire également : L‘Anthologie grecque, présentation détaillée sur ce blog et Moi, manuscrit, autobiographie de l’Anthologie palatine, sur ce blog

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Epictète, Entretiens | Manuel

En librairie le 7 juin 2019

Introduction par Armand Jagu. Textes traduits et annotés par Joseph Souilhé et Armand Jagu.

Illustrations par Benjamin Tejero

Versions intégrales. XXIV + 488 pages – 23 €

Comme Socrate, qu’il admirait, Épictète n’a rien écrit. Ses enseignements ont été recueillis par un de ses disciples enthousiastes, Arrien, qui accompagna l’édition officielle du texte d’une sorte de préface aux Entretiens, intitulée la Lettre à Lucius Gellius. Outre ces Entretiens, les leçons d’Épictète furent résumées au sein du Manuel, davantage destiné aux initiés et qui connut une fortune considérable, chez les chrétiens comme chez les païens.

  Épictète est beaucoup moins un philosophe qu’un moraliste. Il ne propose pas un chemin de vie mais une sagesse qui ouvre sur le bonheur. La philosophie enveloppée dans le Manuel et dans les Entretiens est celle du stoïcisme primitif, mettant en œuvre la doctrine de Zénon de Cittium, de Cléanthe et surtout de Chrysippe. Tout son effort tend à libérer l’homme, de manière intérieure uniquement, par la rectitude totale de la pensée. Ainsi se dessine une morale de l’assentiment, toute entière bâtie sur le jugement. La discipline de l’âme à laquelle nous invite Épictète, ce détachement absolu de tous les événements extérieurs, de tout ce qui ne dépend pas de nous, doit être le fruit d’une acceptation joyeuse, qui nous fait vivre selon la nature et la raison universelles.

Je dois mourir. 
Si c’est tout de suite, je vais à la mort ; 
Si c’est dans un moment, pour l’instant, je déjeune, puisque l’heure est venue de le faire, ensuite je mourrai.

I, 1

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Et pour la suite ?

À partir de la rentrée, la série continue jusqu’en décembre avec son lot de belles surprises. Nous pouvons déjà vous annoncer avec plaisir ces trois prochains volumes :

LUCIEN, Vies à vendre, introduit, traduit et annoté par Anne-Marie Ozanam, préface de Clément Rosset, illustrations de Florian Meacci (à paraître le 21 août).

HÉSIODE, Théogonie, traduit et annoté par Paul Mazon, introduction de Gabriella Pironti, illustrations de Djohr (à paraître le 11 septembre).

XÉNOPHON, Cyropédie, introduit, traduit et annoté par E. Delebecque et Marcel Bizos, illustrations d’Armel Gaulme (à paraître le 11 septembre).

Gardez un œil sur cette page pour en savoir plus, très bientôt ! Ou, mieux : inscrivez-vous pour recevoir les prochains articles !

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3 commentaires

  1. […] la série du Centenaire des Belles Lettres, retrouvez en un volume (en traduction seule) les 16 livres de l’Anthologie grecque […]

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  2. […] À l’occasion de leur centenaire, les Belles Lettres rééditent en version illustrée, tout au long de l’année 2019, des classiques flamboyants, épiques, philosophiques, indispensables à toute construction intellectuelle. Nous avons choisi ce mois-ci Machiavel, Le Prince, dans la traduction de Paul Larivaille, précédemment parue en bilingue dans notre Bibliothèque italienne. Elle est accompagnée de l’introduction de 63 pages par Paul Larivaille, d’une chronologie sommaire de la vie de Machiavel et des subtiles illustrations de Benjamin Van Blancke qui avait déjà signé chez nous la couverture de l’Avenir se prépare de loin. 30 contributions pour nos humanités. […]

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