La littérature de la rentrée aux Belles Lettres

Serge Rezvani, Virginia Woolf, Jules Magret, Edith Wharton, John Steinbeck, Jun Ishikawa… fictions, journal et récit pour une rentrée de références. Au programme :

Le roman des origines, signé Serge Rezvani

Rezvani blog

Cette scène rapportée mot à mot dans les Confessions de mon oncle m’autorise à croire aux dérives secrètes des différentes Églises du monde qu’il dénonce, qu’elles soient chrétiennes, musulmanes, bouddhistes ou de toute autre obédience, puisque nous devons admettre que l’humanité sait que la foi angélique est une autosuggestion, et que les vraies croyances, les croyances profondes et fondamentales, sont d’ordre infernal. (page 211)

Le tout dernier représentant d’un des plus grands noms de France éprouve, avant l’ultime nuit, le besoin d’éclairer certains secrets qui touchent à sa famille, en les faisant signer par un prête-nom.

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Le journal littéraire de Virginia Woolf

Woolf blog

Imaginons que l’on puisse retrouver la qualité d’une esquisse dans un travail achevé et plus élaboré. C’est ce que je m’efforce de faire. (page 48)

Dans ces extraits de son journal et de lettres écrites à ses amis, Virginia Woolf nous confie, année après année, de 1915 à son suicide en 1941, les réflexions, enthousiasmes et angoisses suscités par l’exercice de son art. INÉDIT

  • Écouter un autre extrait audio :
  • Virginia Woolf, Quel soulagement : se dire « j’ai terminé », préfacé et traduit par Micha Venaille. 216 pages. Livre broché. 12.5 x 19.1 cm. Collection Le Goût des idées N°68. En librairie le 12 septembre 2018. 15 €
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L’exercice de style de Jules Magret

Magret blog

Ému jusqu’au calot, à deux doigts de tourner jobard, Lucien serra la paluche de ce gentillet à l’œil de castor qui, transporté d’enthousiasme, ouvrant la bouche démesurément grande et tirant la langue avec ostentation, se présenta avec éclat :
– Francis de La Bagouse, gentilhomme à la cour, bientôt colonel dans le Royal-Allemand !
Ébloui par ce blaze et ces titres qui évoquaient le vin de glace, le coup de l’étrier et le coup dans l’étrier, le jeune gland se sentit tout chamboulé du dressoir, prêt à chanter Horace en verlan et Juvénal en pataouète. (page 31)

Nous sommes en 1673. Elevé en Normandie par sa tante la comtesse Janine de Bavelle, Lucien de Médebigne rêve de devenir mousquetaire. Le jour où le marquis de Verragnac se montre indélicat avec sa tante, c’est l’occasion ou jamais pour lui de monter à Paris et de laver l’affront. Duels, amours, rebondissements sont au rendez-vous. Le tout dans un genre et un style particuliers, écrit en langage argotique à la Michel Audiard.

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Le récit de guerre inédit d’un prix Nobel de littérature

Steinbeck 3D

— Joe, regarde à 127 degrés et dis-moi ce que tu vois. Joe effectua un virage pour pouvoir regarder la mer à travers sa fenêtre. Tout en bas, il distinguait une petite traînée d’eau blanche et en dessous, une ombre longue, fine. Joe saisit son microphone. « Harris, dit-il, prends contact avec la tour, signale un sous-marin. » Le petit sillage était loin derrière eux, à présent. Joe coupa les moteurs et commença à perdre de l’altitude. Il entendit la voix de l’opérateur radio de l’escadrille qui lui disait : « Patientez, un instant », puis celle de son chef d’escadrille.
— Nous n’avons pas de sous-marins dans cette zone. Si vos bombes sont armées, poursuivez-le. Quelle est la position ? Joe la lui communiqua.
— Ok, on s’occupe des grenades anti-sous-marines, vous essayez de l’avoir avec vos bombes.

1942, États-Unis. Monter à bord avec le jeune équipage d’un bombardier, témoigner de leur rencontre, de leurs origines et de leur formation, John Steinbeck l’a accepté d’emblée quand Roosevelt lui-même lui a proposé de jouer les propagandistes. « Nous faisions tous partie de l’effort de guerre. Nous avons marché avec lui, nous nous sommes faits ses complices», témoignera à la fin de sa vie le prix Nobel de littérature.
20 000 kilomètres passés dans le ventre de la bête trépidante, accompagné de son photographe, John Swope du magazine Life, qui immortalise le quotidien des aviateurs et dont les superbes photos en noir et blanc illustrent cet ouvrage.

  • Écouter un autre extrait audio :
  • John Steinbeck, Bombes larguées. Histoire d’un équipage de bombardier, traduit de l’anglais (États-Unis) par Julia Malye. 240 pages. 61 illustrations noir et blanc. Livre broché. 12.5 x 19 cm. Mémoires de Guerre N°24. En librairie le 12 septembre 2018
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4 récits japonais d’un Tôkyô en ruines

Ishikawa blog

Je détournais ostensiblement mon regard, puis, du lit où je m’étais rallongé, je lorgnais vers le résultat du travail réalisé par la fille tandis que, pour dissimuler mon désarroi, je composai un poème fou maladroit et, trouvant sous l’oreiller un petit carnet qui avait échoué là, celui de la jeune femme probablement, un carnet du genre journal intime de poche, je m’en saisis pour inscrire dans une marge, utilisant le fin crayon coincé entre les pages :
« Peau blanche
Et sourcils bleus,
Elle enfile une jupe rouge :
L’or auquel aspire La noirceur de ses pensées ! »

Les 4 récits de ce recueil ont été écrits dans l’immédiat après-guerre, en 1946 et 1947 avec pour toile de fond le Tôkyô en ruines de l’époque, un monde où se profile l’ombre des forces d’occupation américaine, peuplé d’enfants orphelins, de voleurs, de trafiquants du marché noir et de prostituées, tous cherchant à survivre.

  • Écouter un autre extrait audio :
  • Ishikawa Jun (1899-1987), Ève sous la neige. Tôkyô, 1947, traduit du japonais par Vincent Portier. 192 pages. Livre broché à rabats. 16 x 22 cm. Collection Japon N°38. En librairie le 19 septembre 2018
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Le roman classique d’Édith Wharton

Wharton blog

Mme Spragg et sa visiteuse trônaient sur deux lourds fauteuils dorés de l’un des salons privés de l’Hôtel Stentorian. L’appartement des Spragg faisait partie de ce qu’on appelait les « Suites Louis XVI », et les murs du salon, au-dessus des lambris d’acajou verni, étaient tendus de soie damassée rose saumon, et ornés de portraits en médaillons de Marie-Antoinette et de la princesse de Lamballe. Planté dans une corbeille dorée nouée d’un ruban rose, un palmier ombrageait le plateau d’onyx mexicain d’une table également dorée. Mis à part cet ornement et l’exemplaire du « Chien des Baskerville » posé à côté, la pièce ne portait pas trace d’usage humain, et Mme Spragg elle-même arborait l’air détaché d’un mannequin de cire dans une vitrine. Son élégance n’y aurait d’ailleurs pas été déplacée ; mais en voyant ce visage aux joues molles, aux paupières bouffies, à la bouche tombante, on aurait pu penser que la cire, en fondant, avait formé le double menton.

Ondine Spragg s’ouvre les portes de l’aristocratie new-yorkaise grâce à son mariage avec Ralph Marvell. Son ambition l’amène à divorcer et à se lancer à la conquête des hommes susceptibles de lui apporter tout ce qu’elle désire, c’est-à-dire l’amusement mais aussi la respectabilité.

  • Écouter un autre extrait audio :

Mais aussi, dans notre collection Encre Marine

Michel Surya, Mathilde Girard. Défense d’écrire. Entretiens

Qu’est-ce qu’écrire encore et comment et pourquoi, quand écrire est tout ce qu’il reste ?

 

120 pages. 16,5 x 22,5 cm. En librairie le 19 septembre 2018. Réserver sur notre site internet.


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