Ouverture du Corpus aristotélicien traduit et commenté par Michel Federspiel : Du Ciel

Parution en 2017 de 11 traités d’Aristote en 5 volumes. Plan de la série :

1. Du ciel (en librairie le 16 janvier 2017)

Le traité Du ciel est l’un des plus importants traités de cosmologie que nous a transmis l’Antiquité : Aristote y livre sa conception de l’univers, qui l’emportera sur les autres modèles et connaîtra une fortune plurimillénaire.

2. Problèmes mécaniques, Des lignes insécables (à paraître en mars 2017)
3. Des couleurs, Des sons, Du souffle (à paraître)
4. Du monde, Du vent, Des plantes (à paraître)
5. Histoires merveilleuses, Physiognomoniques (à paraître)

À propos du corpus aristotélicien et de Michel Federspiel (1941-2013)

Extrait de Aristote, Du Ciel, Préface de Aude Cohen-Skalli. Nous avons ici supprimé les notes de bas de page présentes dans le volume.

La série des cinq volumes qui s’ouvre avec le De caelo trouve avant tout son unité dans la figure du savant qui en a réuni la matière, Michel Federspiel (1941-2013). Traducteur de textes scientifiques et techniques, et spécialiste de la langue des mathématiques grecques, il enseigna à la Faculté des Lettres de l’Université de Clermont-Ferrand durant toute sa carrière (1966-2002). C’est au début des années 1970 qu’il conçut le projet de traduire et commenter les onze traités  présentés ici [liste ci-dessus], un projet qui couvre plus du dixième du corpus aristotélicien et qu’il poursuivit jusqu’à sa mort. Hormis le long De caelo, édité dans la Collection des Universités de France, et que l’on considère aujourd’hui comme authentique, tous les autres petits traités sont des « opuscules » qui ne sont plus attribués à Aristote, et qui pour la plupart n’ont pas été traduits en français. Le travail publié ici vient donc combler une lacune en donnant pour la première fois au lecteur français une traduction commentée de ces textes.
Durant ces quarante années de travail, les recherches de Michel Federspiel furent ponctuées de plusieurs études préparatoires sur le corpus d’Aristote. C’est peut-être avant tout l’opuscule De lineis insecabilibus qui attira l’attention du spécialiste des textes techniques qu’il était. Un article fondamental, publié en 1981, posait les jalons de ce qui devait aboutir dans la traduction commentée présentée ici : il offrait un aperçu de l’histoire du texte et quelques éléments de critique textuelle, prolégomènes à une nouvelle édition. En 1992, il fut amené à interpréter certains passages du De caelo, sous la forme d’études d’histoire des sciences (expliquant la loi aristotélicienne du mouvement des projectiles), ou de linguistique (sur un système de notation que l’on trouve dans les textes mathématiques antérieurs à Euclide). D’autres recherches sur ces opuscules suivirent, qui élargissaient parfois le champ à d’autres textes que Michel Federspiel avait abordés en étudiant Aristote, comme en 2003 le traité De ventis de Théophraste. Dans toute son œuvre se dessine une constante : Michel Federspiel fut un savant réellement novateur, qui ouvrit des pistes de recherches dans le domaine de la langue mathématique grecque jusque là méconnues des hellénistes et des historiens des sciences, et réintroduisit dans le champ des études littéraires l’exploration des corpus techniques et scientifiques que nous a transmis l’Antiquité grecque. Son apport est en cela fondateur.
Le De caelo traduit et commenté dans ce volume donne les fondements de la cosmologie aristotélicienne. Divisée en quatre livres, l’œuvre apparaît plutôt comme l’assemblage de morceaux distincts ayant trait au thème de la cosmologie. Aristote y montre que l’univers obéit à des lois physiques et structurelles qui ont un caractère nécessaire et dans lequel les données de l’expérience n’ont que peu d’importance. Il y élabore le Tout comme une structure articulée. Le De caelo connut une influence exceptionnelle : c’est en partant de ce modèle aristotélicien de l’univers que Ptolémée constituera par la suite son système, plaçant la terre au centre du monde, une vision qui l’emportera sur les autres à travers tout le Moyen Âge. Le schéma géocentrique ne sera remis en question qu’à la Renaissance avec les découvertes de Copernic, qui place le soleil au centre de son système, et celles de Galilée. La cosmologie d’Aristote a ainsi servi de base à un système de près de deux millénaires. […]

NOTE À L’ATTENTION DU LECTEUR

Le lecteur de La Roue à Livres trouvera une série de volumes plus érudite que de coutume : le commentaire donne souvent les textes en grec, et le traducteur intervient parfois sur le texte de référence, concevant son travail à mi-chemin entre une traduction annotée et une véritable édition critique. Autre différence, mineure : à l’exclusion des Mirabilia, le commentaire n’est pas donné sous la forme de « notes » à proprement parler, signalées dans la traduction par des appels de notes. Il l’est sous la forme d’un commentaire linéaire, qui suit la division traditionnelle du texte (la numérotation Bekker). Le lecteur ne s’en effraiera pas : si le travail conçu par Michel Federspiel a été respecté, il est donné ici avec tous les outils nécessaires, car le grec est systématiquement traduit et les articulations du texte sont très nettement scandées dans la traduction. Le travail de Michel Federspiel a été suivi aussi fidèlement que possible, quand bien même les réviseurs n’ont pu dialoguer avec celui-ci sur des questions qu’ils auraient aimé lui poser. La bibliographie complémentaire et les index ont été dressés par les réviseurs. Les additions ainsi que les notes figurant entre crochets doubles sont dues également aux réviseurs.

 

 

 

 

 

Tagged with: , , , , , , , , ,
Publié dans Antiquité, Moyen Âge, Classiques de l'histoire des idées, Grèce antique, Sources

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

Rejoignez 139 autres abonnés

En direct sur Instagram
NOUVEAUTÉ #ÉRUDITION Rome et le monde grec, choix d'écrits de Jean-Louis Ferrary, édités avec Anna Heller et Denis Rousset. Jean-Louis Ferrary, membre de l'Institut, directeur d’études émérite à l’École Pratique des Hautes Études, et directeur de la série latine de la #CUF Collection des Universités de France aux Belles Lettres est un spécialiste des rapports entre Rome et le monde grec, et de l’évolution des cités grecques sous la domination romaine. Ses vingt-six études regroupées ici ont été mises à jour, et enrichies d’importants compléments (sur les traités entre Rome et les cités grecques, sur l’autonomie juridictionnelle des cités libres et ses limites, etc.), en sorte qu’elles constituent une véritable somme.
#Rome #Grèce #Histoireancienne #Antiquité #citésgrecques #Démocratie #AsieMineure #Hellénisme #Budés #LesBellesLettres #SAMEDIMAGE n°3 Amiran lutte contre les monstres, page 150 du livre Deux frères caucasiens de Prométhée, paru dans la nouvelle collection #BOC (Bibliothèque de l'Orient chrétien).
Sur le blog des Belles Lettres, retrouvez un extrait de ce texte singulier, sans doute à l'origine du mythe grec de #Prométhée. #Mythologie #Caucase #Géorgie #Amiran #Paganisme #Christianisme #VENDREDIXIT n°3 : Hercule a peur de la foule.
(Extrait de Momus, d'Alberti, pages 246-247).
Extrait complet :
"Hercule avait jeté à terre, soumis, anéanti les monstres les plus énormes et les plus cruels de la terre mais n’avait jamais réussi à contenir l’élan et l’audace d’une foule animée par un même sentiment : la multitude est facile à ébranler, inconstante dans ses avis, soumise à ses caprices et ses passions ; elle se laisse facilement entraîner à n’importe quelle action, sans se demander si ce qu’exige le consensus populaire est juste ou non ; si, échappant à tout contrôle et tout frein, elle s’emporte et se précipite, ni les avertissements et les arguments des sages ni l’autorité de guides éclairés ne peuvent la rappeler, la retenir et la contenir ; une multitude furieuse ne sait pas résister à son caprice, elle ne se soucie pas de savoir si ses entreprises sont indignes et criminelles ou non, pourvu qu’elle les mène à bien, et ne renonce à une atrocité que pour en commettre une plus grande. Le plus étonnant est que, pris individuellement, les hommes sont raisonnables et savent ce qui est juste, mais une fois rassemblés ils sont tous pris de folie et s’écartent spontanément de la ligne droite." RÉÉDITION / Peut-on défier les dieux ? D'apparence légère, à la verve étincelante et satirique dans la droite lignée de #Lucien, #Ésope ou #Aristophane, voici rééditée la traduction de #Momus ou le Prince, Fable politique par Claude Laurens, précédemment parue en 1993 dans la collection "Le corps fabuleux" aux Belles Lettres, ici augmentée des nouveaux apports de la recherche. L'universel #Alberti, architecte, peintre et penseur fondamental de la Renaissance, devancier de #Machiavel et d'#Érasme, y déploie l'exercice facétieux de rire avec et contre les dieux dans le même temps, en choisissant d'écrire une fable politique sur l'insupportable Momus, dieu du sarcasme et de la raillerie, dont les critiques virulentes et les mauvais tours joués aux autres dieux lui vaudront l'exil, l'émasculation et enfin le supplice éternel du rocher, tel #Prométhée. Si Momus en dérange tant dans l'Olympe, c'est qu'il est le premier immoraliste de la littérature moderne. Son crime est bien d'être un génie de la provocation qui démasque les faiblesses et les hypocrisies, bouscule les idées reçues, désacralise les puissances établies. Il pourrait bien arriver à convaincre les hommes qu'ils peuvent se passer des puissants. Il fallait le faire taire ? Nous le rééditons. Un extrait est disponible sur le blog des Belles Lettres. Le moine franciscain Richard de Mediavilla (c.1243-1308) est un penseur scolastique profondément original et de première importance, pionnier du grand tournant de la pensée qui apparaît chez Duns Scot et chez Ockham. Son œuvre philosophique et théologique a été influente jusqu'au XVIIe siècle. Nous achevons la série des publications de ses œuvres de la plus belle manière, avec ce dernier tome des Quodlibet faisant office de testament intellectuel du philosophe. Au total, six tomes des Questions disputées, et trois tomes des Quodlibet ont été publiés depuis 2012 et présentés en édition bilingue latin-français et critique, grâce au travail inlassable d'Alain Boureau. Découvrez cette passionnante série sur notre site internet, à l'entrée Richard de Mediavilla. Bonne lecture ! #Bibliothèquescolastique #Philosophiemédiévale #scolastique #Religionchrétienne #Théologie « Ne prenez pas le risque de ne pas lire Éric Briys. » Nassim N. Taleb. EN LIBRAIRIE. #BigData #Economienumérique #GAFA #Disruption #Ubérisation #Bibliothèques #Numérique #Digitalisation #StratégieDigitale #Monétisation #Destructioncréatrice #Antifragile #Facebook #Google #Amazon #Apple #Twitter #Données #Créolisation #winnertakesall #Transhumanisme EVENEMENT ! Nouvelle collection Bibliothèque de l'Orient Chrétien en librairie ce jour avec trois premiers titres ! Retrouvez la mission de la collection sur notre site à cette adresse http://www.lesbelleslettres.com/collections/biborientchretien/
N°1 : Saints-fondateurs du christianisme éthiopien. FRUMENTIUS, GARIMĀ, TAKLA-HĀYMĀNOT, ĒWOSTĀTĒWOS : les Vies de quatre saints fondateurs du christianisme et du monachisme éthiopiens qui furent en activité, pour les premiers, aux IVe et VIe siècles et, pour les seconds, au tournant du XIIIe et du XIVe siècle. / N°2 : Deux frères caucasiens de Prométhée, Amiran et Abrsk'il : traduction intégrale de deux épopées connues par tradition orale, celle du Géorgien Amiran et celle de l'Abkhaze Abrsk'il, dans le contexte du mythe caucasien des Titans enchaînés. / N°3 : Dialogue de Timothée et Aquila. Dispute entre un juif et un chrétien : un témoignage capital sur la façon dont les chrétiens se représentaient leur position par rapport au judaïsme dans les derniers temps de l'Empire romain. #BOC #Antiquitétardive #ChrétiensdOrient #Christianisme #Ethiopie #Géorgie #Abkhazie #Prométhée #Caucase #Judaïsme #Samedimage n°2 Polynice et Ériphyle. Nouveau rendez-vous hebdomadaire de la chouette, Samed’image vous offre un peu de beauté avec une illustration tirée d’une de nos publications. Aujourd’hui, voici la reproduction d’un péliké à figures rouges (qui servait à la conservation des denrées dans l’Antiquité) figurant Polynice et Ériphyle. Elle se trouve page 224 du recueil Du récit au rituel par la forme esthétique. Pragmatique culturelle des formes discursives et des images en Grèce ancienne sous la direction de Claude Calame et Pierre Ellinger (en librairie ce lundi)
Extrait du texte : "Ce sont les deux noms inscrits à hauteur des visages – Polynice et Ériphyle – qui nous permettent de comprendre que l’image se réfère au cycle des Sept contre Thèbes. Encore faut-il savoir le détail de cette histoire. Polynice est le frère d’Étéocle. Ils sont tous deux en conflit à propos de la souveraineté sur Thèbes. Étéocle refuse de passer la souveraineté à son frère ;ce dernier organise une expédition contre Thèbes avec les chefs argiens. Ériphyle est la sœur d’Adraste, roi d’Argos, l’épouse d’Amphiaraos. Ce dernier autrefois a tué Talaos, le père d’Adraste ; ils se sont réconciliés et le mariage d’Amphiaraos avec Ériphyle a scellé cette réconciliation. Amphiaraos s’est alors engagé à accepter que son épouse arbitre entre eux en cas de nouveau désaccord. Or Amphiaraos, qui est un devin, sait que l’expédition des Sept finira mal et refuse d’y aller quand Adraste le lui demande. Pour le contraindre, Polynice, qui connaît l’engagement d’Amphiaraos, se sert d’Ériphyle. Il la séduit en lui offrant un collier et elle oblige Amphiaraos à se joindre aux Sept. Le don fait par Polynice, on le voit, est la clé de cette histoire ; du reste le collier offert n’est pas un objet ordinaire, c’est le collier d’Harmonie, l’épouse de Cadmos, fondateur de Thèbes."
En direct sur Twitter
Archives
%d blogueurs aiment cette page :