Le Questionnaire de la Chouette : Xavier Pavie

Xavier Pavie à la Librairie Guillaume Budé

Xavier Pavie en 2012 à la Librairie Guillaume Budé, lors de la présentation de son ouvrage Exercices Spirituels. Leçons de la philosophie antique (vidéo en lien).

Xavier Pavie est docteur en philosophie (« la réception des exercices spirituels dans la philosophie contemporaine » sous la direction de Jean-François Balaudé). Professeur à l’ESSEC Business School Paris et Singapour, il est directeur du centre i-Magination et chercheur associé à l’Institut de recherches philosophiques (IREPH). Fort de cette expérience unique qui allie souci de soi et des autres et recherche pour l’innovation éthique, étude approfondie des Anciens pour servir le présent et le futur des Modernes, il accepte, aujourd’hui que sort son dernier ouvrage Le Choix d’exister. Se convertir à une vie meilleure, de répondre à notre questionnaire.

Vous êtes une chouette. Sur quelles branches spécifiques du savoir vous posez-vous le plus naturellement ?

Xavier Pavie – Descartes présente la philosophie comme comme un arbre, dont les racines sont la métaphysique, le tronc est la physique et les branches qui sortent de ce tronc sont : la médecine, la mécanique et la morale. Cette dernière présuppose une entière connaissance des autres sciences, c’est le dernier degré de la sagesse. Je me pose donc naturellement au pied de l’arbre et je cherche à grimper jusqu’en haut.

Quel texte de l’Antiquité vous a particulièrement frappé, et pourquoi ?

X. P. – Les Pensées de Marc Aurèle est le texte qui m’a particulièrement marqué et qui continue de m’imprégner tous les jours. Il est celui que je relis régulièrement. Écrit dans l’Antiquité tardive il représente pour moi tout l’esprit de la philosophie antique, que celle-ci est avant tout une esthétique de l’existence. Autrement dit, que la philosophie est une discipline destinée à aider l’homme à mieux vivre, à mieux être.

À quoi ressemble votre bibliothèque ?

X. P. – Elle est en deux parties : la philosophie et le reste du monde. De cette façon je sais où se trouve l’essentiel.

Quelles autres passions inavouées côtoient votre amour des livres ?

X. P. – Plus que les livres c’est la connaissance dans un sens très large qui me passionne. Les livres sont la meilleure des voies pour l’accès à la connaissance mais il en existe d’autres que je côtoie avec densité : l’art et le sport par exemple. C’est aussi une façon de veiller au développement de l’âme comme du corps.

Choisissez une découverte qui vous a marqué durant vos lectures,  que vous souhaiteriez délivrer au reste du monde :

X. P. – Il y a plusieurs années j’avais été marqué par le bivium qui représente nos choix de vie sous la forme d’un Y. Depuis au moins Hésiode les choix d’existences sont régulièrement représentés par cette lettre : la branche gauche du Y est souvent un long trait fin et l’autre branche d’un trait court et large. C’est, d’une part, la voie étroite de la vertu, celle qui est promise à une longue gloire, l’atteinte de la sagesse mais qui n’est pas sans sinuosités, sans difficultés ; d’autre part, la voie facile du plaisir dans laquelle s’éteint la vie de l’esprit. De nombreux artistes, Carrache, Matteis, Soggi, parmi d’autres, ont cherché à matérialiser ce choix de vie, ce dilemme, cette lettre Y dans des tableaux représentant « le choix d’Hercule », entre une vie de débauche et de plaisirs faciles, sans examen, ou une vie de travail sur soi, d’honneurs et de sens. C’est ce bivium qui est le fil rouge de mon ouvrage : Le choix d’exister (Les Belles Lettres, 2015).

Remontons le temps. Vous pouvez choisir une date et un lieu à visiter à votre convenance, où partez-vous ?

X. P. – Ce que je souhaite visiter c’est Paris, peu m’importe la date, au temps de Lutèce, au Moyen Âge, à l’époque des Lumières ou dans quelques centaines d’années. Pour des raisons multiples c’est la ville où l’on se perd et où l’on peut se retrouver, c’est le lieu de la quête de soi permanente.

Vous pouvez dans l’heure acquérir les compétences nécessaires pour exercer un tout autre métier, sans rapport avec le livre. Que choisissez-vous ?

X. P. – Astrophysicien ou artiste, ce ne sont pas les mêmes compétences mais dans les deux situations on cherche à comprendre le monde et évaluer d’où il vient et où il va. Lorsque l’on ne possède pas de compétences dans ces deux domaines, nous devenons philosophe.

Quel livre de notre catalogue, en dehors de votre domaine privilégié, vous donne envie de vous y plonger ?

X. P. – Ayn Rand a pour moi été une révélation. Sans pour autant partager l’ensemble de ses idées elle a développé un système de pensée qui ne peut laisser indifférent pour quiconque s’interroge sur le rôle des individus dans la société, sur ce que tout un chacun doit faire pour préserver et développer l’existence humaine.


En librairie :

Choix d'exister

2015. En prenant appui sur la phrase de Thucydide « Il faut choisir, se reposer ou être libre », cet essai est autant une injonction qu’une proposition à se convertir à la voie non religieuse du bien-être pour mieux vivre sa vie…

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 2012. Toute la philosophie antique est exercice spirituel, c’est-à-dire une pratique destinée à transformer, en soi-même ou chez les autres, la manière de vivre, de voir les choses. Les trois grandes Écoles de l’Antiquité (épicurisme, stoïcisme, cynisme) ont développé techniques et méthodes pour parvenir à mieux-vivre. Toutes ont mis en exergue l’homme et sa sérénité, l’homme au sein d’une harmonie lui permettant de vivre avec la conscience que la vie est courte et que le temps à vivre est incertain…

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