Le Questionnaire de la Chouette : Serge Rezvani

Serge Rezvani

Serge Rezvani

Serge Rezvani est poète, romancier, dramaturge, peintre et compositeur. On lui doit entre autres de nombreux romans et essais dont : Les Années Lumière(1967), Les Années Lula (1968), Le Testament Amoureux (1981), L’Origine du Monde (2000), L’Éclipse (2003), La Traversée des Monts Noirs (2011), Ultime Amour (2011) et Vers les Confins (2014), ces trois derniers publiés aux Belles Lettres. Il est aussi l’auteur de nombreuses chansons liées à la Nouvelle Vague, parmi lesquelles « Le Tourbillon » du film de F. Truffaut, Jules et Jim, « J’ai la mémoire qui flanche », ou encore celles du film Pierrot le Fou de J.-L. Godard. Le 15 mai son dernier ouvrage a paru en librairie : Le Corps d’Hélène, un conte érotique et mutin dans lequel il se remémore son premier amour, à 17 ans, sous l’Occupation. Depuis son jardin enchanté de Bonifacio, il répond ce jour à la Chouette avec la douceur et la poésie qui le caractérisent.

Vous êtes une chouette. Sur quelles branches spécifiques du savoir vous posez-vous le plus naturellement ?

Serge Rezvani – Sur l’épaule de Socrate, évidemment au moment exact où il se désaltère !

Quel texte de l’Antiquité vous a particulièrement frappé, et pourquoi ?

L’Iliade et l’Odyssée car comme la plupart des grands textes de l’humanité c’est un texte faisant partie de l’oralité, donc de la retransmission, un texte qui s’est « fixé » assez tard.

À quoi ressemble votre bibliothèque ?

À plus rien puisque, après la mort de Lula ma femme, j’en ai fait don à la bibliothèque municipale de La Garde Freinet. Cette bibliothèque assez considérable était faite de livres lus, relus et relus puisque nous avons vécu cinquante ans sans télévision et la lecture était pour moi un « dialogue » avec ceux que j’avais choisi… jusqu’à finir par écrire moi-même des livres en réponse admirative…

Quelles autres passions inavouées côtoient votre amour des livres ?

L’hédonisme au sein du Jardin où coule une source vive parmi les cyprès alors que l’on entend un rossignol…

Choisissez une découverte qui vous a marqué durant vos lectures, que vous souhaiteriez délivrer au reste du monde :

« Le maître de Ballantrae » de R.L. Stevenson : un des grands livres du continent romanesque. Mais surtout l’œuvre d’une toute jeune fille géniale : Emily Brontë avec « Les hauts de hurlevent », sans l’invention narrative de ce roman unique, pas de Faulkner ni de Conrad…

Par un heureux hasard, j’ai découvert récemment la même sorte d’appréciation pour ces deux livres chez Borgès.

Remontons le temps. Vous pouvez choisir une date et un lieu à visiter à votre convenance, où partez-vous ?

Oui, alors voilà ce souvenir, car j’ai connu un « autre monde ». En 1951, descendant le Midi de la France en moto, m’étant égaré dans une forêt, j’ai « découvert » un grand « pont » oublié, à étage, en pierre blonde, comme abandonné au bout d’une piste toute en ornières. C’était le pont du Gard que seuls les chasseurs côtoyaient, à l’époque, presque avec indifférence. Aujourd’hui il est inaccessible tant il est pris d’assaut par le tourisme. Stendhal parle du Colisée devenu en son temps une sorte de « carrière » où Rome se fournissait de pierres de construction. Belle indifférence des « masses » qui permettaient encore d’être seul devant ce qu’on ne vous obligeait pas d’admirer. Mais aujourd’hui le temps des « divines surprises » est passé. On fait la queue pour entrevoir un petit bout d’os ou un fragment de pierre…

Vous pouvez dans l’heure acquérir les compétences nécessaires pour exercer un tout autre métier, sans rapport avec le livre. Que choisissez-vous ?

Je suis contre le « métier » bon pour les artisans. J’aime l’insatisfaction du créateur qui s’avance sur le vide… car la création ne produit pas mais interroge…

Quel livre de notre catalogue, ne dehors de votre domaine privilégié, vous donne envie de vous y plonger ?

Les premiers venus des auteurs grecs, si l’âge m’en donne le temps, du « chouette » catalogue des Belles Lettres !

 En librairie :

Serge Rezvani, Le Corps d'Hélène, coll.  L'Exception, 2015, 160 pages, 19,50 €

Serge Rezvani, Le Corps d’Hélène, coll. L’Exception, 2015, 160 pages, 19,50 €

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2 commentaires

  1. […] a le talent de rendre notre époque claire et intéressante. Tout récemment j’ai aussi lu Le Corps d’Hélène de Serge Rezvani, un texte de poète, et beaucoup ri avec La Barbe ! de Xavier […]

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  2. Merci pour cette petite interview !

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