Le Questionnaire de la Chouette : Marine Baron

Marine Baron

Marine Baron

Marine Baron vient de signer aux Belles Lettres une biographie fraîche et colorée d’Ingrid Bergman, Le feu sous la glace. Née en 1983, officier de Marine puis élève-officier dans l’armée de Terre, elle a travaillé dans l’industrie. Étudiante en droit aux universités Panthéon-Assas et Panthéon-Sorbonne, elle prépare également une thèse d’histoire. On lui doit déjà un récit autobiographique paru chez Denoël en 2009 : Lieutenante. Être femme dans l’armée française. Elle a accepté de répondre à notre questionnaire avec générosité et naturel, à l’instar du sujet de son livre.

 

Les Belles Lettres – Vous êtes une chouette. Sur quelles branches spécifiques du savoir vous posez-vous le plus naturellement ?

Marine Baron – Je dirais que je me pose sur la branche de l’histoire. Je n’y vais pas toujours naturellement mais j’en reviens souvent à elle, et toujours avec plaisir, car on ne comprend les branches du savoir qu’en s’intéressant à leurs origines et à leurs pionniers.

Quel texte de l’Antiquité vous a particulièrement frappé, et pourquoi ?

Le texte de l’Antiquité qui m’a le plus frappé est L’Âne d’or, un roman qu’on appelle aussi Les Métamorphoses d’Apulée. Je l’ai lu lorsque j’étais adolescente. A l’époque, j’étais assez paresseuse intellectuellement, l’Antiquité et ses auteurs représentaient pour moi des écrits poussiéreux ou des tragédies sinistres. La lecture de ces aventures délirantes et fantaisistes m’a fait changer d’avis.

À quoi ressemble votre bibliothèque ?

Ma bibliothèque est énorme, elle ressemble à une librairie et remplit à elle seule les quatre murs d’une grande pièce. C’est à l’origine celle de mon mari, où les livres sur la peinture de la Renaissance côtoient la philosophie allemande et la littérature du XIXème siècle. Mes livres à moi se sont ajoutés à tous ceux-là, notamment des livres de littérature française contemporaine, de philosophie du droit, de criminologie, et d’histoire de l’Empire.

Quelles autres passions inavouées côtoient votre amour des livres ?

J’aime le tango, les motos, les films d’espionnage et surtout la cuisine. Je prends un réel plaisir à manger. Je suis bouleversée, par exemple, par les créations d’Hélène Darroze qui, selon moi, frisent la perfection. Par ailleurs, j’adore cuisiner moi-même, avec des livres de recettes de Michel et Albert Roux et de Michel Guérard.

Choisissez une découverte qui vous a marqué durant vos lectures,  que vous souhaiteriez délivrer au reste du monde :

Etant étudiante à Assas en « Justice et droit du procès », j’ai lu, un peu par hasard, Le Chemin des morts, un court récit de François Sureau qui traite, du point de vue du juge, d’une erreur judiciaire paradoxalement commise dans le respect du droit. La force du texte, d’une pudeur qui, en si peu de mots, ne se met jamais en scène derrière une sobriété artificielle ou calculée, m’a emportée. J’ai dû lire ce livre une dizaine de fois. Il représente pour moi tout ce qu’un écrivain se doit de faire passer au lecteur : la beauté, la sincérité, l’ambiguïté, la réflexion, la douleur et la résilience.

Remontons le temps. Vous pouvez choisir une date et un lieu à visiter à votre convenance, où partez-vous ?

Je crois que je pars à Brest, dans les années 1930. Avant même d’avoir fait mes classes de formation initiale d’officier à l’Ecole Navale, j’étais fascinée par la Bretagne et j’ai toujours aimé cette étrange ville du Finistère : sa vie, son port, sa grande rue piétonne, ses habitants. J’ai souvent rêvé que je pouvais voir à quoi ressemblaient tous ces bâtiments curieux, reconstruits à la hâte, avant leur destruction qui a eu lieu pendant les bombardements de la Seconde Guerre mondiale.

Vous pouvez dans l’heure acquérir les compétences nécessaires pour exercer un tout autre métier, sans rapport avec le livre. Que choisissez-vous ?

J’aurais aimé avoir une vue excellente pour devenir pilote d’avion, ou l’oreille absolue pour devenir violoncelliste.

Quel livre de notre catalogue, en dehors de votre domaine privilégié, vous donne envie de vous y plonger ?

Je suis en train de lire le livre de Jean-François Bassinet, La France de Louis XIV, paru aux Belles Lettres en 2013, un guide illustré, éclectique, agréable à lire, qui traite de multiples aspects de la France du Grand Siècle. 2015 étant d’ailleurs le tricentenaire de la mort de Louis XIV, j’ai à présent envie d’aller au Château de Versailles voir l’exposition « Charles de la Fosse, le triomphe de la couleur », de relire Louis XIV et vingt millions de Français de Pierre Goubert, et, surtout, de me replonger dans les Lettres de Madame de Sévigné.

En librairie aujourd’hui:

Lire un extrait en ligne

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Marine Baron, Ingrid Bergman. Le feu sous la glace, Les Belles Lettres, 2015, 212 pages, photographies noir et blanc, 19 €.

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Un commentaire

  1. […] Marine Baron répond au Questionnaire de la Chouette. […]

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